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Le sol et le sous-sol, de nombreuses menaces



 

Biodiversité : record d’espèces menacées ou éteintes

Le nombre d’espèces végétales et animales endémiques, rapporté à la superficie exiguë du Pays, est remarquable et la Polynésie est un territoire d’intérêt majeur sur le plan biogéographique et en termes d’évolution. Oiseaux terrestres : 86 % d’endémisme ; flore vasculaire : 63 % ; poissons d’eau douce : 40 % ; escargots terrestres : 95 % et arthropodes : 57 %.


Avec plus de 128 espèces éteintes (17 plantes, 37 oiseaux, 61 partulidés) et 316 espèces menacées d’extinction actuellement proposées ou déjà inscrites sur la listes rouge de l’UICN (25 oiseaux, 277 plantes, 14 partulidés) la Polynésie française est la collectivité d’outre-mer comportant le plus grand nombre d’espèces éteintes ou menacées de toutes les collectivités de l’outre-mer.

Les introductions d’espèces animales et végétales et la dégradation et/ou la fragmentation des habitats sont toujours les principales causes d’appauvrissement de la biodiversité.

 
Les sols les plus soumis à l’érosion (naturelle ou anthropique) sont ceux des parties hautes des îles.

 

L’augmentation des aménagements, de la construction des remblais, des lotissements, la construction de routes, des pistes induit une sédimentation croissante non maîtrisée.


 

Granulats, l’extraction source de dégradation

L’extraction de granulats compte parmi les sources les plus importantes de dégradation de l’environnement polynésien. Les volumes extraits durant la période 2006-2013 ont été 2,7 fois inférieurs à ceux extraits pendant la période précédente (1998-2005). En effet, les grands travaux réalisés de 2001 à 2003 ont été très demandeurs en matériaux. Cependant, les années à venir pourraient être extrêmement gourmandes en matériaux en raison des grands projets à l’étude. Par exemple, le Mahana beach, sur la base de la construction d’un remblai de 20 hectares aurait besoin de 3,6 millions de m3 de matériaux avec au moins 100 000 m3 de sable blanc pour les plages.


Un total de 2,4 millions de m3 de matériaux ont été extraits entre 2006 et 2014, toutes sources confondues. Les granulats marins constituent 10 % des granulats extraits, les extractions fluviales 30 % et les extractions terrestres 60 %. Il y a inversion entre les quantités extraites de granulats marins et fluviaux par rapport à la dernière période.

Aux îles Sous-le-Vent et à Moorea, un schéma général d’exploitation des granulats avait été réalisé en 1987, il a été en partie réactualisé en 2010.

 

La prise en compte de ce problème grave dans les aménagements est très insuffisante (pas de cahiers des charges, recommandations non suivies...). Les sols génèrent une sédimentation qui est l’une des causes principales de dégradation des récifs et des rivières.


L’urbanisation gagne de plus en plus les versants. Mais en l’absence de données il est difficile d’en préciser l’évolution. Le nombre de logements marque un ralentissement de sa progression, +11 % de 2007 à 2012 (+ 17 % de 2002 à 2007 et +20 % de 1996 à 2002). Les réponses en termes d’aménagement, passent notamment par les documents d’urbanisme et de planification ou par des documents d’orientation. Il en existe à toutes les échelles : Pays (SAGE ou SADD), communes (PGA, PAD, PGEM), d’autres documents sont contractuels (chartes, Agendas 21…).

Les surfaces forestières totales sont estimées à 140 500 hectares de forêts naturelles et 9 570 hectares de plantations forestières, en très faible augmentation depuis 2006. Entre les 2 derniers recensements agricoles (RGA) réalisés en 1995 et 2013, la surface agricole utilisée (SAU) a diminué de 45 %. Elle avait déjà perdu 30 % entre 1988 et 1995.

 

En ce qui concerne l’agriculture : les importations d’insecticides sont en baisse continue depuis 2008, mais les importations de pesticides en général sont de nouveau en hausse depuis 2012. Elles atteignent plus de 700 tonnes par an. Cela reste 13 % de moins qu’en 2005. Les importations d’engrais sont en baisse constante depuis 2005. Elles sont de 1 560 tonnes en 2013, soit 26 % de moins qu’en 2005.

 

L’utilisation de pesticides pose des problèmes sanitaires et environnementaux : pollution des sols et des eaux, risques pour la santé des agriculteurs et des consommateurs, risques pour la biodiversité. En Polynésie Française, c’est une loi du pays de 2011 qui détaille les différents groupes de biocides, réglemente la commercialisation et l’utilisation des pesticides. La liste des substances autorisée évolue. La dernière en date a été validée en Conseil des ministres en février 2020.



 

Engrais, l’alternative « poisson »

Il existe des alternatives aux produits chimiques comme par exemple l’engrais de poisson. Karel Luciani, récompensé par le deuxième pris de la catégorie économie circulaire lors du concours de création et développement économique des entreprise lancé par le pays fin 2016, créer de l’engrais naturels à base de déchets de poissons depuis 2015.

Le CJA de Papeete a suivi la démarche valorisant chaque semaine 400 kg de déchets par semaine. Le projet a été mis en place en 2014/2015, il a repris en 2019 avec, pour objectif la production de 200 kg d’intrans par semaine.

Chaque année le port de pêche jetterait plus de 1000 tonnes de déchets de poissons par an issues de l’activité de pêche et de mareyage. Chaque jour, 3 tonnes seraient jetées aux requins au large de Papeete.

 

L’agriculture biologique réclamée par un nombre croissant de consommateur et portée par le SPG bio Fetia est encouragée par le Pays.


La permaculture séduit de plus en plus.

Ekopia par exemple propose des stages d’initiation à la permaculture. Le Jardin du paresseux propose des solutions d'aménagement et de valorisation d'espaces en Permaculture et en éco-construction. Botanica accompagne dans la conception et la réalisation de projets d'aménagement en Permaculture, pour un jardin éthique, esthétique, et généreux.





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