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Le taurumi

Un massage "puissant"

© Texte et photos : Delphine Barrais


Tepurotu Tapotofarerani a un parcours professionnel riche d’expériences à Tahiti et dans les îles. Esthéticienne et masseuse, elle a repris l’institut de beauté No Comment il y a quelques mois. Elle souhaite y développer le massage pour répondre toujours mieux aux attentes de ses clients.



« Je veux redonner leur place aux massages, les faire découvrir à plus de clients », annonce Tepurotu Tapotofarerani.


Elle connaît différentes techniques dont le taurumi. « J’aime ce massage prononcé, il est puissant et fort ».

Ce n’est pas une « caresse ». Thérapeutique à l’origine, il a gagné les instituts de beauté où il déstresse. « On travaille sur tout le corps et on termine sur les points vitaux du cuir chevelu. »

Tepurotu a appris grâce à une « vieille mamie tahitienne de ‘Opunohu qui utilisait à l’époque les ra’au dans sa pratique ». C’était il y a longtemps. Elle l’utilise désormais dans son institut. Le taurumi de Tepurotu Tapotofarerani d’hier n’est pas celui d’aujourd’hui car elle l’a fait sensiblement évoluer depuis son apprentissage. Elle suit un protocole immuable, le dos, les jambes puis de nouveau les jambes, le ventre, les mains et les bras. Elle termine en relevant son client et en exerçant des pressions au niveau du dos. « Je place mes coudes souvent sur les épaules et transfère tout mon poids pour vérifier que le client a vraiment tout lâché. » En général, le tout dure une soixantaine de minutes, « mais je vais souvent au-delà ! ».


Tepurotu Tapotofarerani place par ailleurs des serviettes chaudes sur les pieds, les oshibori, pour soulager toutes les tensions musculaires. Elle les dispose à des moments précis sur les pieds, le dos, la nuque. L’oshibori qui passe pour un détail contribue pourtant à l’efficacité de nombreux soins. La chaleur est source de bienfaits. Tepurotu Tapotofarerani le sait et s’en sert.


Tactile, la masseuse aime être en contact avec ses clients, les toucher pour leur permettre d’aller mieux. Elle ne néglige rien et prend son temps qu’elle considère comme un allié dans sa pratique. Elle prend d’abord du temps pour elle, pour être dans une bulle, dans une sorte de cocon avant de démarrer. Elle se dégage de tous les désagréments et soucis de sa journée. Elle réussit à les mettre de côté le temps du massage. La bulle, bien sûr est invisible, mais sans elle, le résultat n’est pas au rendez-vous. « Tu dois être bien dans ton corps et dans ton esprit pour pratiquer le taurumi car tout se sent. Il ne faut surtout rien transmettre au client qui ne soit pas des ondes positives, sinon, de toute façon, ça ne fonctionne pas. » C’est ainsi qu’elle attend ses clients. Elle ressent les besoins des uns et des autres. « Quand ils arrivent dans l’institut, je les observe et je vois exactement ce qui leur convient. Mon expérience fait que je suis vraiment à l’écoute de ce que les clients dégagent, je cerne les parties de leur corps qui méritent une plus grande attention. »


Elle reçoit dans son institut les personnes de tout âge à partir de 10 ans. Elle utilise des huiles savamment choisies, s’adapte à chacune et chacun.


« Il n’y a pas un massage identique, comme il n’y a pas un masseur ou une masseuse identique ! »

Chaque cas est particulier. Tepurotu Tapotofarerani demande à ses clients ce qu’ils souhaitent, s’ils ont des douleurs particulières « pour savoir où insister. Souvent c’est la nuque, les épaules, les pieds. Et cela est dû au stress, au travail ».

Elle donne très exactement ce qu’elle aimerait recevoir. Lorsqu’elle sent une cliente ou un client à fleur de peau, en proie à ses émotions, elle ajoute un massage du visage « car il est marqué, fatigué par ce qui est vécu et ressenti ». Elle insiste : « je ne suis pas là pour faire une thérapie, mais pour faire du bien ».

Elle a fait partie de la promotion 1996 formée aux soins esthétiques au lycée professionnel de Mahina. Après son CAP en Polynésie, elle aurait aimé se rendre en France pour poursuivre avec un BTS mais, faute de moyens, elle a commencé à travailler. Elle a rappelé l’institut de beauté qui l’avait accueillie en stage et a pu, ainsi, entrer dans le monde professionnel. Peu après, le Sheraton en cours de construction, s’est mis à recruter du personnel pour son spa. Elle a passé un entretien qui lui a ouvert les portes de l’établissement. « Là, j’ai été formée aux massages. Une école de Waikiki à Hawaii envoyait des formateurs car l’hôtel appartenait à une chaîne internationale. » Tepurotu Tapotofarerani a découvert à ce moment-là la technique du massage thaïlandais, californien, elle a appris le lumi lumi hawaiien, le shirodhara balinais, le taurumi.


« Toutes ces techniques m’attiraient et ont complété ma formation », rapporte-t-elle.

À l’occasion de ces sessions d’apprentissage, elle a mieux compris le fonctionnement du corps. Au fil du temps, elle est restée 8 années au Sheraton, elle a gagné en expérience et a pris du galon. Elle est devenue formatrice, se déplaçant dans les établissements de la chaîne situés dans les îles.



Pour découvrir autre chose et, « parce que j’avais envie de bouger mais je ne pouvais quitter la Polynésie », elle a ensuite quitté le Sheraton pour différents instituts et hôtels de Tahiti, Moorea, Rangiroa. « Là, il y avait dans un hôtel un tout petit spa où se trouvaient deux employées qui n’étaient pas formées », se rappelle-t- elle. Il lui a fallu faire preuve d’imagination pour mettre au service de la clientèle tout son savoir et son expérience en impliquant l’équipe. « J’ai proposé une sorte de menu de packages avec gommage, enveloppement, massage... » Elle disposait de peu de moyens et équipements et composait des produits à base de lait de coco mais aussi de tomates ou concombres aux diverses propriétés.


De retour à Tahiti après deux ans à Rangiroa, elle a cherché à reprendre l’esthétique mais aussi à se reprendre en termes de rigueur, de professionnalisme. « J’avais besoin de me recadrer, de revoir l’aspect vestimentaire, ma façon de me tenir, de recevoir les clients. » Elle a travaillé dans divers instituts à Tahiti et Moorea, s’est formée au passage à de nouveaux équipements. « Tout cela m’a reboostée. » En regardant son parcours, elle dit aujourd’hui avoir eu de la chance de trouver du travail à chaque étape. Son savoir et son professionnalisme ont certainement provoqué l’envie de voler de ses propres ailes et l’occasion pour cela : l’institut No Comment, où elle avait été salariée plusieurs années auparavant, était en vente. En mai 2021, elle est officiellement devenue propriétaire et chef d’entreprise. « C’est un petit salon, pour l’instant ! » Mais Tepurotu Tapotofarerani a plein de projets. Elle aimerait élargir la gamme des soins. Elle voudrait agrandir l’espace pour pouvoir consacrer une pleine salle aux seuls massages. Elle envisage dès que possible d’embaucher pour se dégager de la partie esthétique.


En attendant, elle fait évoluer ses mas- sages. Il y a peu, par exemple, son frère ostéopathe lui a fait découvrir la fasciathérapie, une approche manuelle s’intéressant aux fascias. Elle a décidé de s’approprier quelques manœuvres, « en particulier pour mes passages sur les deltoïdes, une cliente a beau- coup apprécié ». Elle ne cesse de se nourrir pour grandir.

Pour réaliser ses projets et prendre soin de ses clients, Tepurotu Tapotofarerani ne s’oublie pas. Elle se fait elle-même masser une fois par mois, elle marche et randonne et surtout, « je prends des bains de mer. On le sait tous, ça ressource ! »








Contacts : 40 82 54 00 - 87 30 65 17

Facebook : nocommentesthetic ppt

Mail: temehanitepu@hotmail.fr












Vous souhaitez en savoir plus ?

Dossier à retrouver dans votre magazine Tahiti Wellness #01 - décembre 2021



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