Lotissements agricoles, un outil stratégique pour la souveraineté alimentaire
- il y a 2 jours
- 2 min de lecture
Ils sont au cœur de la politique agricole polynésienne et de ses priorités en termes de développement de la production locale et de l’autonomie alimentaire. Les lotissements agricoles, mis en place et gérés par la Direction de l’Agriculture (Dag), jouent un rôle essentiel.
© Texte & Photos : Delphine Barrais

L’île de Tahiti compte 209 lots agricoles répartis en lotissements sur une surface totale de 325 hectares à Papara, Mataiea et sur la Presqu’île. Tous ont été aménagés et attribués à des producteurs aux spécialités diverses en fonction de leurs expériences, leurs moyens et de la cohérence et faisabilité de leur projet.
« Nous gérons à peu près 200 agriculteurs au total, c’est-à-dire dans et hors lotissements », indique Heimanu Villierme, gestionnaire des terres domaniales et des lotissements agricoles à la Direction de l’agriculture (DAG).
Créés pour favoriser l’installation de nouveaux exploitants et structurer des zones de production cohérentes, les lotissements agricoles offrent aux agriculteurs des terrains viabilisés, accessibles et adaptés à une activité professionnelle durable.
Ils participent à l’aménagement du territoire et le développement de la production locale. Ces espaces constituent l’un des leviers majeurs pour renforcer la souveraineté alimentaire de la Polynésie française, un enjeu devenu prioritaire face à la dépendance aux importations.
Renforcer la souveraineté alimentaire de la Polynésie française
Les productions sont variées : vivrières, maraîchères, horticoles, fruitières… Quelques exploitants cultivent par ailleurs de la canne à sucre, du cacao ou encore du café. Fruits, légumes et fleurs sont vendus au marché, aux grandes surfaces et supérettes mais aussi en bord de route. Ils peuvent alimenter l’économie informelle.
La disponibilité du foncier est l’une des principales problématiques du secteur. « Nous sommes en concurrence avec d’autres activités », confirme Heimanu Villierme. La DAG a, par exemple, perdu des terres à Taravao au-dessus du magasin Carrefour.
« Nous continuons à faire des demandes pour augmenter le nombre de lots », ajoute-t-il. Les agents encouragent les exploitants à contacter directement la Direction des affaires foncières (gestionnaire par défaut du foncier non attribué) pour obtenir des terrains. Une dizaine de parcelles a pu être allouée en 2025. La dynamique se poursuit. Le gouvernement souhaite mettre à disposition 20 000 hectares de surface agricole utile sur l’ensemble de la Polynésie d’ici à 2050.
« Ce qui revient à trouver à peu près 1 000 hectares supplémentaires par an », précise Heimanu Villierme.
Un défi que les agents se disent prêts à relever.




