Tim Pruvost

La Polynésie regorge de gens exceptionnels

Texte : Virginie Gillet - Photos : © Virginie Gillet, Tim McKenna,...


La Polynésie peut se révéler une terre d’accueil et un espace de liberté à nuls autres pareils pour tous ceux qui, venus de l’extérieur, en partagent les valeurs : l’amour de la nature, une sensibilité puissante à la beauté et un sens profond de la liberté. Si on y associe le goût de l’effort et une persévérance sans faille, il est peu de parcours qu’elle ne récompense au centuple. Celui de Tim Pruvost, réalisateur et producteur de l’émission de glisse locale Islander’s Tahiti, en est l’illustration parfaite.


Tim est né le 6 février 1976 à Lille, dans le Nord de la France, et a toujours grandi en bord de mer ;

une proximité avec le littoral qui lui inspira très tôt une vraie passion. Mais la passion de l’océan et celles de l’image et de la glisse qui le piquèrent dans la foulée ne lui furent pas d’un grand secours pour y trouver sa voie. Celui qui, dès le collège, était parvenu à créer à domicile son premier labo photo pour développer ses prises de vue en noir et blanc avec ses amis et qui, dans le même temps, participait aux championnats de France de voile quand il ne s’éclatait pas en skate, a toujours voulu faire de l’image son métier. Mais l’école ne lui réussit pas, les aléas de la vie l’ont fâché avec ses codes et ses contraintes : inscrit dans une « boîte à bac » par ses parents, le jeune homme ne parvient pas à accéder aux études supérieures vers lesquelles il souhaiterait s’orienter.


Qu’à cela ne tienne !

S’il « se cherche un peu » durant quelques années, exerçant divers « petits jobs » pour vivre, il ne perd jamais ses aspirations de vue.


“Il y a des sportifs locaux qui font des performances réellement incroyables et qui sont en plus des belles personnes. Pour n’en citer que quelques-uns, je repense à Raihau Maiau, Here Dudes, Denis Grosmaire, Michel Bourez qui est un exemple, mais il y en a tellement d’autres…”


L’appel du surf

Attiré par le large et les nouveaux horizons, Tim ressent clairement que son envie de vivre de la mer et de l’océan se fait plus pressante. C’est alors qu’un ami venu s’y installer lui propose de le rejoindre en Polynésie. Tim n’hésitera pas. Arrivé en 2000 pour le surf, il craque pour Moorea où il est très vite recruté par le Dolphin Quest afin de proposer photos et vidéos aux touristes. Mais les conséquences sur l’économie mondiale du 11 septembre 2001 ne se font pas attendre, faisant tourner court le début du conte de fées. Tim, remercié, doit rapidement envisager un plan B pour rester : il profitera d’une formation pour devenir plongeur professionnel et apprendre à faire des images en bouteille ; une formation financée alors par le Territoire essentiellement au profit des gens destinés à travailler dans les fermes perlières.


À l’issue de cet apprentissage, il rencontre très rapidement « son capitaine », Heifara Dutertre, avec lequel il travaillera 3 ans et demi au sein de Moorea Boat Tours, la société avec laquelle Heifara propose

des tours privés pour nager avec les animaux et faire découvrir son île.

Heifara qui sera aussi à l’origine d’une autre rencontre déterminante pour Tim : celle de Malik Joyeux, le Petit Prince de Tahiti, à qui le capitaine Dutertre avait offert sa première planche de surf, et qui n’était pas encore connu.


Malik, le précurseur, qui faisait ses propres caméras embarquées alors même que les GoPro® n’existaient pas encore, disposait de ses propres caissons sous-marins, bricolait des modèles réduits d’hélicoptères pour en faire des drônes, et qui apprendra surtout tout à son ami Tim, notamment à filmer le surf dans les vagues, avant de disparaître tragiquement, noyé sur le site de Banzai Pipeline à Hawaï en 2005.


Malik qui lui fit aussi « rencontrer tout le monde, tous les gens qui comptaient dans le monde du surf de l’époque ». Au vu d’une situation rendue précaire à Moorea par la désaffection des touristes, Tim, qui a commencé « à filmer les garçons (les Boyz de la Presqu’ile comme ils s’appellent eux-mêmes) » pour leurs vidéos personnelles mais aussi leurs sponsors a l’idée de réaliser un clip best of de ses images qu’il présentera à TNTV. Après avoir rejoint la chaîne de télévision locale, qui continuera à le former, il consacrera presque 5 années à tourner pour elle des images de sport, se faisant une spécialité des sujets liés à l’eau (à commencer par la Billabong Pro et Hawaiki Nui Va’a) ainsi que de nombreux sujets dédiés à l’environnement et à l’écologie.


“Si tu es attentif, la nature et l’océan te le rendront tout le temps.”

Une carrière lancée

En 2009, Polynésie La Première l’appelle pour remplacer le caméraman Gilles Hucault sur Hawaiki Nui Va’a.


Tim collaborera de plus en plus avec la station de Pamatai jusqu’à y être définitivement recruté en tant que chef monteur en 2011, « l’année de naissance de mon fils ». Lui qui a compris depuis bien longtemps que la clé de la réussite de nombreux projets en Polynésie reposait sur la polyvalence

n’a cessé d’ajouter des cordes à son arc.


D’ailleurs, tout se bouscule sur le plan professionnel car 2009 est aussi l’année de sa rencontre avec Marie-Eve Tefaatau, de Pacific TV Prod Tahiti, qui lui met le pied à l’étrier de la production locale et 2010 celle de Thierry Donard, le boss de La Nuit de la Glisse, dont Tim deviendra (et restera jusqu’à ce jour) l’un des piliers pour tous les tournages en Polynésie, tournant avec eux lorsque l’équipe est ici et gérant les projets durant leur absence.


“À chaque fois que j’étais pas bien, j’ai bénéficié d’une connexion incroyable avec les baleines, la nature en général. C’est magique.”


Servir la Polynésie et les Polynésiens

Tim, qui a également commencé à collaborer à la même époque avec l’émission Riding Zone (France Ô) et sa boîte de production Puzzle Media, mais qui travaille surtout avec le coeur, a toujours songé à rendre à la Polynésie et aux Polynésiens tout ce qu’ils lui ont donné depuis son arrivée. Celui qui était introverti et que le Fenua a ouvert sur les gens n’a cessé depuis d’y découvrir des personnes exceptionnelles. Et notamment des sportifs, qui « bricolent tous, n’ont que très peu de moyens et parviennent à faire des résultats mondiaux !

« Plus que jamais fan de glisse et épris de Polynésie , Tim a passé toutes ces années à « acquérir du bagage » afin d’être capable de leur rendre hommage. C’est désormais chose faite depuis un peu plus de deux saisons, à travers son « deuxième bébé », l’émission Islander’s Tahiti diffusée chaque dimanche sur Polynésie La Première à 18 heures et France Ô à 7 h 50.



Ce sont plus d’une centaine de sportifs locaux qui y ont déjà été mis en valeur, bénéficiant au passage de la formidable plate-forme Internet de France Télévisions en marge d’une audience télévisée touchant déjà tous les territoires francophones de l’Outre-Mer ainsi que l’Europe.



Un projet qui a fini par aboutir avec Pacific TV Prod après des années de maturation, mais qui « s’imposait dans ce paradis de la glisse qu’est la Polynésie » ! Alors que ceux qui aiment le sport et cherchent à soutenir

les talents locaux ne boudent pas leur plaisir : le réalisateur nous promet encore bien des surprises à venir

pour la saison 3.


InstanTANE #06 - avril 2019


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