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Une huile vierge au cœur de l'île sacrée

Vetea Maltby est originaire de Raiatea. Installé en surplomb de la baie de Hotopuu, il nous présente son huile de coco vierge, première du nom en bio. Mêlant culture ancestrale et procédés d'autrefois, son fa'a'apu, authentique, rayonne en plein cœur de la zone Unesco.



Après quelques années passées à travailler sur Tahiti en exerçant dans la marine marchande et pour la pêche, Vetea Maltby est revenu sur les terres familiales de Raiatea en 2012. « Dans les années 70, mes grands-parents avaient 1 000 porcins et 200 bovins, ainsi qu’une plantation de cocotiers. Ils exploitaient le coprah comme beaucoup le font. J’ai voulu reprendre un peu tout ça. »

Il s’est petit à petit intéressé à l’huile de coco vierge. « Pour cela, j’ai fait l’acquisition d’une presse pour y faire mes premiers essais. C’est en voyant la qualité de l’huile extraite que je me suis vraiment lancé dans la production d’huile de coco vierge. »



Il existe deux types de procédés pour extraire l’huile de coco. L’une par voie sèche, l’autre par voie humide (issue du lait de coco).


Vetea, lui, a opté pour la voie sèche. « Je profite du soleil et j’utilise un déshydrateur en cas de mauvais temps. » Après avoir été exposée en pleine chaleur, la chair est pressée pour qu’en soit extraite l’huile de coco vierge. « Lors de ce procédé j’obtiens des galettes de chair de coco que je transforme en farine de coco. » Il se sert de son déshydrateur pour proposer en plus des fruits séchés qu’il récolte sur son terrain ou bien qu’il récupère auprès d’agriculteurs voisins : bananes, ananas, mangues bientôt mais aussi des feuilles de moringa qu’il réduit en poudre ou transforme en tisane.





Le bio, une demarche globale

À Raiatea, l’association SPG Bio Fetia est bien implantée. « Je suis représentant du groupe local de Ōpoa, il y en a un autre à Uturoa. Nous sommes une vingtaine de producteurs/trans- formateurs et de consommateurs », raconte Vetea. « Nous pouvons effectuer des inspections des producteurs de l’île qui veulent obtenir le label Bio Pasifika. » (voir encadré). Dans le groupe, deux agriculteurs qui étaient en conventionnel ont sauté le pas et sont actuellement en conversion bio.


Vetea a « grandi dans le bio » avec ses grands-parents, « nous vivions déjà comme ça, sans qu’il y ait cette dénomination, certification ou label ». À la maison il n’y avait pas d’engrais, seulement de la patience pour voir sortir fruits et légumes. Son engagement est logique. « Aujourd’hui tout le monde parle de bio, je me suis orienté dans cette direction pour revaloriser les terres de mes grands-parents et pour adhérer à un mouvement de poids au vu des autorités et des consommateurs. » Le groupe essaie d’encourager les agriculteurs en conventionnel à passer en bio, car « la méthode de travail est différente mais la rentabilité est là. Tout le monde devrait revenir à l’ancien système qui est le bio. »


Vetea a 29 hectares d’exploitation valorisés en agriculture biologique. Il contrôle la zone pour le développement de sa production d’huile de coco vierge. La première étape a été de s’occuper de la partie végétale, de reconnaître une culture respectueuse de l’environnement. Il s’agissait de revaloriser les terres. La seconde étape était celle de la mutation. « Pour celle- ci, j’ai fait un plan de gestion bio différent, propre au processus de transformation afin de pouvoir accoler la reconnaissance bio sur ma bouteille d’huile de coco. J’ai donc suivi une formation spécifique pour obtenir cette reconnaissance. »


La transformation pour valoriser le produit brut sans perte

« Pour fabriquer l’huile de coco, je débourre, râpe et presse la coco pour en extraire l’huile. J’ouvre la coco le matin et l’huile est extraite dès l’après-midi. Il n’y a pas de fermentation, je ne fais pas de lait. »


Lors de ce procédé, on obtient d’un côté l’huile extraite de la chair et de l’autre la chair vidée de son humidité. Vetea ne fait aucun gaspillage et utilise ce produit fini pour autre chose. « Les galettes sont les restes de coco râpée, je la transforme en farine qui est une farine sans gluten. Parfait pour les intolérants. Cette farine peut être utilisée en panure, en pâtisserie, mais aussi pour les soins du corps, pour les gommages. »


Pour le séchage des fruits, « j’attends que ces derniers soient le plus mûrs possible. C’est à ce moment qu’il y a le plus de teneur en sucre. Je les découpe puis les place au séchoir ou déshydrateur jusqu’à ce qu’ils soient prêts à être conditionnés sous vide pour la conservation. » C’est une méthode simple qui évite le gaspillage. Les vendeurs de fruits qui ont des invendus peuvent opter pour ce processus de transformation. « J’encourage les vendeurs de fruits à adopter cette méthode facile. Il faut savoir exploiter les arbres fruitiers au bon moment : en jus, en fruits frais ou déshydratés, il y a tant à faire. Il faut avoir l’idée de tout transformer pour ne pas avoir de gaspillage. »

Même lors de la production d’huile de coco, rien n’est jeté, les coques de noix de coco sont réutilisées dans la conception de vaisselle, tan- dis que la bourre est broyée pour en faire du compost et du paillage.


Pour fabriquer l’huile de coco, je débourre, râpe et presse la coco pour en extraire l’huile

Du producteur au consommateur, un avenir porteur

Pour revendre des produits, Vetea peut compter sur le réseau local. « De plus en plus de personnes sont intéressées par le bio. À l’épicerie Eco Vrac de Tahiti, par exemple. Là-bas, c’est comme faisaient nos grands-parents. Il n’y a pas de plastique, on vient au magasin avec nos paniers. C’est une manière de vivre, le vrac et l’éco responsabilité sont une norme à adopter comme le faisaient nos anciens. »

Aujourd’hui, des jeunes se lancent dans l’agri- culture, l’apiculture et autres métiers liés à la terre. « Ils passent à l’association par curiosité, et nous essayons de les convaincre pour partir sur de bonnes bases dans leurs projets. C’est important d’encourager et d’informer les jeunes. Il y a du travail à faire là-dessus, on encourage les jeunes à revenir mettre la main dans la terre pour les occuper. Je pense que c’est un travail qui va se faire sur plusieurs générations. Ce n’est pas la consommation McDo qu’il faut mettre en avant mais bien celle issue de la terre. »

Vetea fait principalement de la récolte puisque la cocoteraie était déjà présente grâce à l’exploitation de ses aînés. Les cocotiers se sont re- constitués tout seuls. Ses parents et leurs frères et sœurs n’ont pas repris cette exploitation, ce qui a laissé le temps naturellement à la cocoteraie de se régénérer. Il n’y a pas de maladie, c’est une chance. « Ainsi je peux fournir des cocos saines et bio pour une nouvel exploitant qui souhaiterait se lancer. »

Un produit sain dans lassiette

Pour revenir à l’huile de coco vierge, « je mets en avant l’aspect alimentaire. C’est une huile qui se consomme aussi bien en plat chaud que froid. Par exemple, dans les carpaccios, ou dans les ragoûts, les gâteaux, etc. Elle donne une odeur agréable à toute la pièce. Il faut la goûter si vous ne l’avez pas encore fait !

L’huile de coco contient de l’acide folique. « C’est ce qui renforce le système immunitaire. On retrouve cet acide dans le lait maternel chez le nourrisson. Cette huile est reconnue comme préventive pour la santé. Elle est sans glutamate mais addictive ! »



DEUX AUDITS POUR UN SÉSAME Pour obtenir une certification bio, deux étapes sont nécessaires. La première consiste à faire venir des inspecteurs sur le terrain visé pour voir si la norme océanienne est respectée. Cet audit est réalisé par des membres du SPG Bio Fetia formés. Des groupes locaux dans les îles sont apparus pour ce faire et ils sont habilités à effectuer des audits. La seconde est un passage en commission de conformité. Cette com- mission se tient à Tahiti, au siège du SPG Bio Fetia. Si les normes sont respectées, la conformité est délivrée. Si des produits chimiques ont été utilisés, le fa’a’apu est dit « en conversion bio » pendant 3 ans. C’est le temps estimé pour que ces produits se dissipent afin que la terre soit de nouveau naturellement saine.







VETEA MALTBY - LTB FENUA

Tél. 87 29 46 45 Adresse : Opoa PK 35,8 C/MER

Taputapuatea – Raiatea, 98735 Uturoa

Facebook : LTB FENUA

Mail : ltbfenua@gmail.com










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Dossier à retrouver dans votre magazine Tama'a# 22 - février 2022

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