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Hinanui Salmon

Le soin en toute humilité

Elle est masseuse énergéticienne, femme de la lignée des Teva de la côte ouest de Tahiti. Initiée par son père tahu’a, formée par des chamanes du monde entier, elle suit désormais l’enseignement de Libor Prokop.



Le tahu’a Ariipaea Salmon était son père. Il pratiquait beaucoup de rituels, fréquentait des yogis. Hinanui Salmon a grandi avec « une certaine vision du monde ». Sa belle-mère répétait les rituels de beauté des anciens, elle faisait aussi « des rêves ». Pour elle, « tout cela a donc toujours été naturel ».


Hinanui Salmon a hérité de savoirs et de pouvoirs avant même de suivre des enseignements. Très tôt, elle a vu ce que d’autres ne voyaient pas « comme par exemple des personnes décédées, je leur parlais ». À 6 ans, à cause de cela, elle a subi un rituel d’exorcisme. Une partie de la peau de son petit corps a été brûlée, « de ce fait, j’ai une relation à la douleur intéressante ». Elle a aussi pu inscrire dans sa chair certaines méthodes de soins. « Mon grand-oncle m’a soignée avec des ra’au Tahiti, de l’eau salée, des bains à la source Vaima. Autant de choses qui fonctionnent. Regarde ! » Elle montre la peau de son cou, de son décolleté, intacte jusqu’à ce jour. Nulle trace de brûlure. « Voilà », dit-elle, « pour mes premiers rapports aux thérapies naturelles ».


Quoi de plus logique, après cela, que d’en apprendre plus, que de mettre son savoir et son expérience au service de son entourage, puis des visiteurs qui le demandent ?

Son apprentissage s’est fait au hasard des rencontres, si tant est que le hasard existe. Après son baccalauréat, elle a travaillé dans l’hôtellerie où des gens du monde entier, de toute origine et croyance, se sont toujours croisés. Elle a ainsi pu côtoyer des chamanes, des yogis. Elle a pu faire un voyage astral à Tikehau, s’est formée à l’hypnose, la PNL, le coaching.


Elle a plus tard, suivi un chamane en Australie, a reçu des enseignements de druides en Bretagne, d’indiens Hopis en Amérique. « J’ai travaillé un temps à Air Moorea, j’ai pu bénéficier de billets pas chers et ai pu concilier ma vie professionnelle à Tahiti et des séjours plus ou moins longs pour me former à l’étranger. »


Elle s’autorisait deux déplacements par an pour son « côté spirituel ».

Depuis trois ans, elle se consacre à l’étude de la cosmogonie polynésienne, aux étoiles, à sa culture, sa langue auprès du tahu’a Libor Prokop. « Je comprends de mieux en mieux le mana, les rituels d’ici. » Elle a, au fil du temps, ouvert son champ d’action, élargi ses pratiques, développé ses dons. Elle a aussi vécu des expériences « pas toujours faciles ». Elle glisse alors : « tout ce que l’on a dans le subtil doit être incarné. »


Aujourd’hui, Hinanui Salmon est masseuse énergéticienne. Elle a des dons de médium. Elle enseigne également le yoga. D’après elle, « tous les massages sont énergétiques, il n’y a finalement que le cadre, les protocoles et les intentions qui diffèrent ». Elle dispose de nombreux outils et méthodes. Elle se sert d’huiles diverses, utilise des mantras, du chant, de la musique pour construire un effet cocon. « La musique occupe l’esprit qui ne s’arrête jamais ! J’ai un meilleur accès aux corps grâce à elle. » Elle peut aussi se servir de la parole, de techniques de respiration, d’autohypnose. Elle en appel aux animaux, aux éléments, au Dieu même, selon les croyances de chacun. « Et si jamais il n’y a pas de croyance, je reste sur la physiologie ».


Le massage participe au délassement, Hinanui Salmon se concentre sur le soin, « je propose de découvrir le corps autrement. Il s’agit d’un échange intime. »

Elle trouve des solutions à des problématiques diverses. « De nombreuses personnes viennent me voir. » Elles sont de tout âge, de toute origine. « Certaines ont beaucoup de questions connaissant mon don de médium, d’autres ont des interrogations précises après avoir vécu un coup dur, des choses à résoudre en particulier, ou bien encore ils souhaitent connaître leur animal totem. » Hinanui Salmon cherche les causes, l’origine, elle va « dans la blessure quand il y a ».



Elle entend les demandes verbales tout en lisant le langage du corps. Elle propose toujours une demi-heure de discussion pour démarrer et « poser ce qui se passe ». Elle annonce et fait une description de la suite qui a lieu dans la salle de soins avant de se lancer. « Je fais ce qui me vient ». Avec ses moyens, elle va aussi loin que possible.


Elle termine toujours ses séances par la description de rituels à faire de retour chez soi comme des offrandes à la mer ou comme enterrer des choses dans son jardin. Tout cela sans idolâtrie. « L’implication des gens qui viennent me voir est indispensable. » Sans cela, il n’y a pas de résultats. Ou moins. Elle insiste à plusieurs reprises sur la « responsabilité ». De nombreux thérapeutes promettent de sauver leurs patients sans rien attendre. « Moi, si je ne vois aucun engagement, je m’arrête. J’ai de nombreux outils, que j’utilise seulement s’il y a une coparticipation ». Elle reconnaît le pouvoir du placebo qui ne fait pas tout bien sûr, mais qui existe. Notamment lors de soins à distance.



Par ailleurs, elle s’impose une éthique à laquelle elle ne déroge pas. « Car la notion de confiance dans le soin est extrêmement importante ». Elle se refuse à toute intrusion, respecte l’autre dans son entièreté. Ne propose rien qui n’ait été d’abord demandé. Et ce, même si elle sait, et qu’elle voit.

Elle dit ne pas faire de miracles, « il n’y a rien d’extraordinaire », des transformations se font, des problèmes trouvent des solutions, des situations s’expliquent et s’améliorent grâce à sa pratique mais, « il faut accepter ses limites, être honnête dans ce que l’on peut ou ne peut pas faire, et surtout rester très humble. J’ai une carte du monde qui n’est pas celle des autres. Je vois et ressens des choses, mais j’ai également des filtres. Je n’ai pas la vérité ». Elle refuse d’emprunter certains chemins, oriente en ce cas vers d’autres thérapeutes.


« Il faut être très vigilent avec soi-même. » Elle partage et donne pour aider. Elle poursuit son chemin pour continuer à s’éveiller.




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Dossier à retrouver dans votre magazine Tahiti Wellness #01 - décembre 2021



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