Asie : un géant est né

Un accord passé quasiment inaperçu…


Il faut aller chercher sur les médias australiens et néo-zélandais pour dénicher cette info, pourtant fort importante des points de vue économiques, commerciaux et stratégiques.

Dimanche 15 novembre, 15 pays d’Asie-Pacifique ont signé le plus grand accord de libre-échange du monde.

Alors que les Etats-Unis ont, depuis 2016, multiplié les mesures protectionnistes, alors que l’Europe ne sait pas se mettre d’accord avec le Canada et s’empêtre dans des nœuds sans fin avec la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, le géant économique des années à venir a décidément quitté les rivages de l’ancien monde*.


La Chine a ainsi signé un accord avec 14 autres pays asiatiques ou du Pacifique, dont des alliés historiques des Etats-Unis : l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou le Japon.



En janvier 2017, Donald Trump avait retiré son pays du projet concurrent, le Traité de libre-échange transpacifique (TPP), promu par son prédécesseur démocrate Barack Obama. La Chine n’avait pas tardé à proposer une alternative. L’accord vise à créer une zone de libre-échange entre la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les dix pays de l’Asean (Association des nations de l’Asie du Sud-Est), dont font notamment partie l’Indonésie, la Thaïlande, Singapour, les Philippines ou encore le Vietnam.

L’accord prévoit des baisses de taxes à l’importation, une harmonisation des procédures douanières et inclut également des clauses sur le respect de la propriété intellectuelle. Il exclut en revanche tout ce qui touche à la protection des travailleurs et de l’environnement.

Les grands absents de l’accord sont les Etats-Unis, avec leur présence sur la côte Pacifique et Hawaii, mais aussi l’Inde, qui a préféré se retirer de l’accord en raison d’une crainte avérée d’une invasion de son marché par des produits chinois à bas prix. Les 15 pays désormais partenaires n’ont pas réussi à ériger des règles communes concernant les données (data) et l’e-commerce.


Enfin, le poids de la Chine pourrait être problématique. « le RCEP n’a jamais été dirigé ou orienté par la Chine. C’est un accord de l’Asean, souligne Deborah Elms, directrice de l’Asian Trade Centre à Singapour, citée par le Financial Times. Mais lorsqu’il entrera en vigueur, ce sera difficile pour ces pays d’en rester les leaders.»

Toujours est-il qu'après 3 jours de sommet virtuel la semaine dernière, : ce partenariat régional économique global, baptisé RCEP, a été signé par les 15 pays. Il devient l’accord commercial le plus important du monde. Ses membres réalisent 30% du produit intérieur brut (PIB) mondial. Enfin, il concerne plus de 2 milliards d’habitants !

* selon la définition de l’économie-monde de Fernand Braudel. Durant l’Antiquité, la Méditerrannée était le principal centre des échanges commerciaux ; avec la ligue hanséatique (villes marchandes du nord de l’Europe), la méditerrannée fut supplantée au 15e siècle par les rivages de la mer Baltique ; l’exploration puis la colonisation des Amériques du sud et du nord transportèrent le point central de l’économie monde dans l’Atlantique dès le 17e siècle ; depuis le réveil du géant chinois, on sait que le Pacifique et l’Orient en général prennent le pas sur l’Atlantique. C’est, avec le RCEP, un pas de plus vers cette domination.

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