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Dîner prestige à Tahiti La Plage

  • il y a 2 jours
  • 5 min de lecture

Mise à l'honneur des produits & talents du fenua

C’est une effervescence haut de gamme qui a investi la cuisine de Tahiti La Plage le 22 octobre 2025, avec des chefs locaux à la signature polynésienne, plusieurs élèves du lycée hôtelier, la meilleure pâtissière du monde (sur deux années consécutives) et l’équipe habituelle du restaurant.


© Texte & photos : Doris Ramseyer



Ce soir-là, les petites mains, les grandes mains, jusqu’aux plus célèbres, ont travaillé les unes avec les autres pour préparer un menu d’exception dans lequel les produits locaux ont mené la danse.

Revivez l’ambiance unique de cette soirée de prestige et savourez l’excellence des recettes du fenua, imaginées par cinq chefs talentueux.


Une soirée exceptionnelle

Ce n’est pas tous les jours que la cuisine du restaurant Tahiti La Plage est prise d’assaut par autant de chefs et d’apprenants. En coulisses, dans une joyeuse agitation ponctuée de bruits de casseroles et de fumets exquis s’échappant des plats, tout ce monde s’active, se frôle et se coudoie, s’échange des consignes et des « chaud devant ! », s’exécute, se presse et fignole le dressage pour remplir sa précieuse mission : réjouir les palais des cent dix-sept convives du « dîner prestige ».


Parmi eux se trouve le président de la Polynésie française, accompagné de son épouse. Ce soir-là, Moetai Brotherson fête son anniversaire dans une délicieuse élégance qui tient autant au cadre qu’aux saveurs.

Avec tant de spécialistes en cuisine, Bénédicte Massonnet, cheffe du restaurant et hôtesse de cette belle soirée, peut circuler en salle et s’entretenir avec les clients, un privilège rare. Elle a confié son équipe de pâtissières à Nina Métayer, élue meilleure pâtissière du monde en 2023 et 2024.



« C’est votre nouveau chef pour la soirée ! », leur a-t-elle lancé. Les voici entre de bonnes mains. Nina travaille avec les pâtissières comme si elle avait toujours fait partie de l’équipe. Avec minutie, elles réalisent plus d’une centaine de fleurs en pâte à tuiles, dentelles fragiles, gracieuses et délicates, en utilisant un moule créé avec une imprimante 3D. Le chef leur lègue de son expérience avec une radieuse simplicité, dans une atmosphère rythmée par la concentration, les échanges et les rires. La pâtissière française confie : « La transmission dans nos métiers, c’est essentiel ! »


Entre salle et cuisine, lieu hautement stratégique, est posté le chef Teaotearoa Maiarii du Maru Maru, paré à donner le signal du coup de feu. Le moment décisif où tout s’accélère, quand l’adrénaline circule dans les veines des cuisiniers, quand les préparations passent des casseroles aux assiettes, et quand le dressage est réalisé promptement dans un enchaînement de gestes efficaces et méticuleux.


Des plats à la signature polynésienne

C’est parti ! Avec d’autres chefs venus en renfort, l’équipe dresse des centaines d’assiettes accueillant les différents plats qui se succèdent : un nem croustillant végétarien et sa sauce aigre-douce, un amuse-bouche préparé par le restaurant, un cromesquis de taioro aux crevettes de la presqu’île, au cœur fondant d’œuf de caille, du chef Yves Dhiéras et de ses élèves du lycée hôtelier, une quenelle de poisson aux œufs de truite et au taioro également, accompagnée d’une brunoise de légumes du fenua, du chef Teaotearoa Maiarii, enfin un bœuf confit au miel et risotto de māpē, du chef Kirahu Chavez.


En touche finale : un tour de moulin à poivre, des fleurs comestibles, des chips de māpē ou d’ail. Les plateaux chargés d’assiettes succulentes, créatives et variées passent de la cuisine en salle, portés par les élèves du lycée hôtelier qui se pressent entre les tables, servant les convives avec élégance et prévenance.

Car une soirée gastronomique ne se résume pas aux mets : c’est un ballet impeccable qui débute aux fourneaux, se peaufine au dressage et se parachève au service.



Une soirée gastronomique ne se résume pas aux mets : c'est un ballet impéccable

Kirahu Chavez du restaurant Le Kozy, qui a immédiatement répondu présente pour cette soirée « signature culinaire polynésienne », résume l’ambiance de ce soir-là : « C’était l’effervescence en cuisine ! On se serait crus dans une grande brigade ! C’était une superbe expérience. Tout le monde mettait la main à la pâte. Il y a eu une bonne cohésion. C’était génial ! »

Pour accompagner son plat à base de viande, le māpē est comme une évidence : « Pour moi, c’est un souvenir d’enfance et surtout je trouve qu’il a un côté réconfortant. »


Alors que des sorbets de vī tahiti (pomme Cythère) sont servis, les entremets, déjà dressés, patientent au frais. Cent dix-sept assiettes dans lesquelles trônent autant de desserts signés Nina Métayer et Bénédicte Massonnet. La technique est française, les produits sont polynésiens et la collaboration, un bel entre-deux qui s’est élaboré sur plusieurs mois.

« Le souffle des racines » allie des pains au lait de coco façon pain perdu, une brunoise d’ananas infusée à la citronnelle et aux feuilles de combava, surmontée d’une mousse de ’uru saupoudrée d’éclats de citron caviar. Lorsqu’il est bien mûr, le ’uru offre une chair plus sucrée qu’habituellement, au goût surprenant de banane et d’ananas. « Ça faisait des années que je voulais travailler le ’uru en dessert ! », raconte Bénédicte.

Une idée qui a enfin pu prendre vie, ou prendre racine, lors de cette soirée exceptionnelle, riche en émotions.



Promouvoir les talents, les produits et la gastronomie de Polynésie

Dans cette ambiance extraordinaire d’excellence, le chef et enseignant Yves Dhiéras accompagne quatre élèves du lycée hôtelier qui, ce soir, travaillent bénévolement en cuisine. Ce dernier explique que le CMQP – campus des métiers et des qualifications du Pacifique – souhaite mettre en avant la signature culinaire polynésienne en invitant une personnalité du monde hôtelier ou de la gastronomie à Tahiti, telle que Nina Métayer cette année. Un séjour immersif permet ainsi de rendre la Polynésie et sa gastronomie davantage visibles, tant par sa spécificité culinaire que par les produits de son terroir et ses talents.


Au fenua et lors de ses voyages, Nina Métayer goûte, observe et découvre, appréciant les produits locaux dans les pays où ils poussent : fruits, légumes, épices et herbes aromatiques. Surtout, elle ramène en France des inspirations. Si elle utilise déjà la vanille et le pandanus dans ses recettes, à Tahiti elle a l’occasion de marier une gousse de vanille, de s’intéresser au corossol, au ’uru, de rencontrer plusieurs chefs et producteurs et d’animer des master class pour des collégiens, des lycéens et des professionnels de l’hôtellerie.




De Tahiti, la meilleure pâtissière du monde retient la joie, les choses simples (qui sont les plus belles), les sourires, la bonne humeur et la richesse de la culture, tant au niveau culinaire que dans l’esprit des gens. Elle conclut : « Ce qui est sûr, c’est que l’on va retrouver Tahiti dans mes desserts ! »

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