Elwis Parker "Je suis né dans le taro"
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Il ne craint ni le travail, ni les contraintes, Elwis Parker consolide son parcours professionnel en ajoutant des cordes à son arc. Au fil du temps, l’agriculteur est devenu restaurateur et transformateur.


Il y a 20 ans, il a fait une première demande de parcelles sur le lotissement Rose à Teahupo’o. Il avait 5 hectares sur un terrain familial qui sont passés à 2 après partage du site. Il s’est tourné vers l’association qui gérait les terres domaniales avant qu’elles ne passent en lots agricoles et a obtenu deux hectares.
Aujourd’hui, il a une dizaine d’hectares (dont presque 6 de lots agricoles), huit ouvriers qu’il salue tous les jours lorsqu’il fait le tour de ses champs et un projet d’ampleur. Il souhaite faire construire un laboratoire de transformation de près de 300 mètres carrés au Fenua Aihere, à deux pas de ses champs.

Elwis est spécialisé dans le vivrier : taros (40 000 pousses, 1,5 tonne de production brute et 400 kg emballés par semaine), patates douces (400 kg de production brute et 300 kg emballés par semaine), papayes (1 200 pieds qui donnent 2 tonnes par semaine), bananes…
Il explique son orientation : « il pleut 8 mois dans l’année, le maraîchage n’est pas possible ». Il a choisi des plantes adaptées au climat. Et puis « je suis dans le taro ». Son grand-père John avait, sur le domaine Parker, une exploitation de 100 hectares.
Enfant, Elwis y passait ses vacances. Formé à l’électricité il a rapidement bifurqué vers l’agriculture. « Quand j’ai vu les chiffres, le choix a été vite fait, je gagnais 4 fois plus en plantant. »
En 1998, il a ouvert le snack du bout de la route. Ce snack qui porte le prénom de sa fille Hinerava et qui a été entièrement refait en 2009, permet d’écouler une partie de la production (accompagnements, jus, tartes).
Dès 2009, l’agriculteur s’est lancé dans la transformation avec la découpe et la surgélation des taros. Il vend la grande majorité de ses récoltes brutes ou transformées à Sipac, fournit le réseau des Carrefours, Champions, Easy Market, les petits magasins et l’entreprise de sa fille : Hine Products.
Hinerava, qui a démarré dans le restaurant familial, s’est mise à fabriquer du poe surgelé de bananes, potirons et papayes qu’elle vend depuis 2023 à Tahiti et dans les îles.
J'ai le marché pour ce projet mais ce qui risque de me manquer c'est la terre

Il espère bientôt, sur un lot qui lui a été restitué depuis après les JO et qui n’est plus exploitable, construire son laboratoire pour poursuivre plus confortablement et diversifier son activité de transformation : chips de uru, de patate douce, fafa, purée de patate douce (le pôle agro-transformation de la DAG a mis au point une recette) mais aussi lait de coco. Il souhaite en plus monter un hangar pour faire du compost et avoir une pépinière digne de ce nom. « J’ai le marché pour ce projet, mais ce qui risque de me manquer, c’est la terre. » Alors, il garde un oeil sur les alentours pour s’agrandir.










