Les méfaits des écrans
- il y a 12 heures
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© Texte : Gaëlle Poyade - Photo : Synapse

Méfaits des écrans : l’intervention du neuropsychologue Heairii Wong
Fondateur de l’institut Synapse, à Tahiti, Heairii Wong a alerté les élèves du collège-lycée sur les conséquences néfastes, en matière d’apprentissage, d’un excès d’écrans.
« Les contenus numériques rapides, les vidéos courtes, les fonctions multitâches, les notifications fréquentes altèrent la capacité d’attention soutenue et favorisent une recherche permanente de stimulation, au détriment de la concentration à long terme. En outre, les contenus passifs freinent l’engagement actif, essentiel pour construire des connexions neuronales durables. »
Pour prouver ses dires, l’intervenant a proposé un exercice aux enfants : mémoriser une liste de mots dans un environnement calme, puis une autre dans un contexte volontairement bruyant. La différence s’est imposée !
« Cette situation reproduit les conditions de surcharge attentionnelle auxquelles les jeunes sont confrontés lorsqu’ils utilisent leurs écrans, tout en écoutant de la musique, en recevant des notifications ou en discutant. L’objectif était de montrer que la multitâche numérique fragilise l’attention soutenue et la qualité de la mémorisation. »
Le grignotage passif, une pratique engendrée par l’excès d’écrans
Autre point important, l’impact sur l’alimentation. « On sait que les écrans altèrent les signaux internes de faim et de satiété via la perturbation des rythmes circadiens. On parle aussi d’alimentation émotionnelle. L’hyperconnexion, en générant du stress, de l’anxiété ou un sentiment d’inadéquation lié à la comparaison sociale, peut conduire à des troubles du comportement alimentaire. Chez certains jeunes, cela se manifeste par une suralimentation compensatoire sous forme de grignotage, chez d’autres, au contraire, par une baisse d’appétit ; et donc, une réduction de nourriture ».
Quoi qu’il en soit, manger devant son téléphone ou la télé augmente généralement la consommation d’aliments transformés.
Pour modifier ces pratiques, il est essentiel de mobiliser les familles. « Ce sont souvent les habitudes et les modèles parentaux qui structurent le rapport aux écrans, au sommeil, à l’alimentation et à l’attention », affirme le psychologue.
Aussi, l’intervention de Heiarii Wong sera-t-elle reconduite l’an prochain, et l’entourage proche des élèves chaleureusement invité.
Dossier paru dans le magazine Tama’a #37 - Spécial Marquises - janvier 2026






