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Se choisir, sortir de l'autoabus

Chaque jour, nous avons l’occasion de nous choisir, et de façon très simple. Pourquoi ? Parce que se choisir revient à s’honorer, s’aimer pleinement. Lorsqu’on se choisit, on sort de l’abus et l’on s’aligne avec ce qui est juste et vrai pour nous. Les “autoabus” sont multiples et tellement implantés dans notre inconscient que nous ne nous rendons pas toujours compte du mal que nous nous faisons. Et pourtant ! Une fois mis en lumière, impossible de continuer à les perpétuer, on se choisit.


L’amour de soi est la grande clé qui déverrouille les autoabus.


IDENTIFIER LES ABUS C’est sûrement l’étape la plus difficile. Elle demande de l’auto-observation et une sacrée remise en question. Sur des notions évidentes comme “mon alimentation est déséquilibrée”, les abus sont identifiables facilement, mais dès que l’on arrive sur des violences très ancrées et automatiques comme “se retenir avant d’aller à la selle”, “je suis maladroit(e)”, les choses se corsent ! C’est alors toute notre éducation qui est à remettre en question. Juste sur l’exemple du passage à la selle, observez-vous et remarquez à quel moment vous allez aux toilettes. Lorsque le besoin se fait sentir, allez-vous aux WC immédiatement ou vous retenez-vous pour finir ce que vous êtes en train de faire ? Vous tortillez-vous avant de vous soulager ou éliminez-vous rapidement ?

Les abus, c’est aussi continuer à utiliser une brosse à cheveux ou un peigne qui procurent de l’inconfort à l’utilisation, c’est dire “oui” alors que l’on souhaite dire “non”, c’est manger parce que “c’est l’heure” alors que nous n’avons pas faim... Les abus se cachent partout et pour les reconnaître, il est nécessaire d’être à l’écoute de soi et de la joie.


SUIVRE LA JOIE Toutes les choses qui nous alourdissent, nous plombent, que nous faisons à contrecœur... tout ceci constitue un abus. Bien évidemment, les com- promis sont nécessaires, tout comme des actions qui doivent être réalisées pour notre bien-être (ménage, emploi...), mais choisir plutôt que subir fait toute la différence. Identifier comment notre corps manifeste la joie, les façons dont il exprime ce qui lui déplaît est un excellent moyen de communiquer avec lui et de suivre ce qui est bon pour lui, donc pour nous. Notre corps sait tout. Il est sage, il est notre mémoire, mais aussi notre guide. Identifier la légèreté ou la lourdeur en nous est un moyen sûr de ne pas se “tromper”, allant vers ce qui est juste pour nous. J’écris “tromper” entre guillemets car pour moi tout est juste, les mauvais choix n’existent pas. Ce que nous estimons être de mauvaises décisions sont seulement des leçons plus poussées afin de nous faire progresser et entendre ce à quoi nous restions sourd. Reconnaître la légèreté et la lourdeur en soi est un apprentissage qui, une fois maîtrisé, nous amène à des choix en conscience qui nous respectent. (voir encadré)


 

Reconnaître la joie en soi

Ferme les yeux et viens dans un espace de calme en toi. Une fois que tu y es, pense à quelque chose de joyeux et sois à l’écoute de tes ressentis. Où se manifeste la joie dans ton corps, de quelle façon ? Peut-être que tu sens un relâchement dans ton ventre, de la chaleur dans ton cœur, peut-être que tu vois de la lumière dans ton plexus solaire, ou que ton dos se redresse, que tu souris... Recommence à penser à une chose qui te met en joie et observe tes sensations.

Pense maintenant à une chose que tu n’aimes pas. Là encore, regarde comment cela se manifeste dans ton corps : crispation dans le ventre, fermeture au niveau de ton cœur, sourcils froncés, mâchoire qui se contracte, etc. Prends les indices qui sont les plus évidents et que tu captes directement. Repense à la joie afin de bien identifier la manière dont ton corps te communique la joie. Repense à ce qui te déplaît et reconnais les signaux envoyés par ton être à travers ton corps.


Bien. Maintenant que tu sens la différence en toi, tu sais reconnaître la joie en toi et suivre sa voie pour ton épanouissement. Ainsi, lorsque tu auras des choix à faire, tu pourras identifier s’ils vont t’être bénéfiques grâce aux ressentis de joie que leur évocation va te procurer. Si ton corps émet les signaux de la contrainte et du déplaisir, tu sauras qu’il serait bon pour toi d’envisager autre chose.

 

UN “OUI” TRIPLEMENT VALIDÉ ! Avant de dire oui à une demande, prendre le temps de se centrer est indispensable. Cela nous permet de vérifier que ce “oui” est validé par notre corps, notre cœur et notre tête, ce qui nous aidera dans toutes nos prises de décisions. Ce processus de triple validation est une garantie de faire des choix en conscience qui servent nos besoins, sans nous nuire. Car nous sommes champions pour accepter des demandes auxquelles nous voulons en fait dire “non”. Cela peut être des choix cruciaux mais, souvent, cela se cache dans le caractère anodin du quotidien. C’est pourtant bien là que nous nous abusons et nous faisons violence.


L’ABUS SE CACHE DANS L’AUTOMATISME S’abuser c’est vivre en pilote automatique un mode de vie en décalage avec nos rythmes naturels. Un exemple tout simple : le petit-déjeuner. Nous avons tous entendu que le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée. Qu’il est impératif de bien manger le matin pour être en forme le reste de la matinée, avoir des forces... Observez-vous demain matin. Regardez-vous prendre votre petit-déjeuner. Avez-vous faim ? Ce que vous mangez vous procure-t-il du plaisir ? Vous apporte-t-il de la joie ? Qu’en est-il de ce que vous buvez le matin ? Et si en fait, vous n’aimiez pas manger au réveil, mais plutôt deux ou trois heures après ? Qu’est-ce que cela changerait pour vous, dans votre corps, de manger plus tard dans la matinée ? Et si vous buviez de l’eau le matin, pour aider votre corps à éliminer les toxines et déchets qu’il a traités pendant la nuit ? Peut-être vous rendrez-vous compte que vous vous forcez à manger le matin depuis l’enfance, parce qu’on vous a demandé de le faire. Depuis, vous reproduisez cette pratique qui, en réalité, ne vous correspond pas. C’est une violence, un abus. Main- tenant que vous en avez pris conscience, allez-vous agir, vous autorisant enfin à ne pas manger le matin car, tout simplement, vous n’aimez pas ça ? Vous autoriserez-vous une routine matinale qui vous procure de la joie et du bien-être ? D’une façon générale, dès qu’un comportement devient automatique, sans passer par le triple filtre du “cœur, corps et tête”, ou par celui de la recherche de la joie en soi, il est bon d’amener notre conscience dessus pour regarder s’il nous correspond toujours.


Se choisir, c’est savoir de quoi on a besoin, que ce soit un bain de foule, dormir ou profiter d’un instant seul au monde !


On se choisit lorsque l’on s’honore, notamment en portant du linge et des bijoux que l’on aime et dans lesquels on se sent beau.


Adopter des habitudes saines Se choisir passe par tout un tas de gestes, de pensées, de rituels quotidiens. Poser la conscience sur soi et choisir de s’honorer demande généralement d’adopter une nouvelle habitude plus saine. Pour nous y aider, nous pouvons cocher chaque jour la case sur un calendrier. Ainsi, nous constatons notre progression, nous pouvons nous féliciter pour notre constance et nous motiver les jours où nous sentons du relâchement. Cela me permet aussi d’observer les effets positifs sur la durée et me donner du baume au cœur en voyant les efforts soutenus qui ont payé. Cette technique peut se faire sur plusieurs mois, ou même sur une année, avant de lâcher le cochage quotidien ! L’habitude est alors bien ancrée et l’on peut décider, sur une courte période, de ne pas l’appliquer en étant sûr d’y revenir ensuite car nous en avons constaté les bénéfices dans notre vie.


Les abus passent souvent par une alimentation qui ne nous satisfait pas. Lorsque l’on s’en rend compte, on peut commencer à consommer ce qui est bon pour nous.


PENSÉES, ACTES, ÉMOTIONS L’autoabus ne réside pas uniquement dans les choix (ou non-choix) que nous faisons. Il se cache partout en nous : dans nos pensées, nos actes, nos émotions. Ces autoabus sont généralement appris dès l’enfance, c’est pourquoi la plupart des adultes reproduisent ce qu’ils ont reçu sans remise en question. Pourtant, qu’il est bon de s’interroger, d’aller regarder en soi comment tout cela bouge et vient nous avertir que ce n’est pas en phase avec qui nous sommes ou nos valeurs. S’abuser, c’est aussi avoir des pensées jugeantes à notre égard. En observant notre discours intérieur, nous saurons vite si nous nous choisissons ou si nous nous violentons. Toutes les pensées du style : ah oui, j’suis bête, je n’y ai pas pensé !, “je suis maladroit(e), je suis comme ça, je ne peux rien y faire !, etc., sont autant de façons de nous nuire. Changeons cela. Lorsqu’une pensée de ce type se manifeste, remplaçons-la par des mots positifs et valorisants.


Se choisir, c’est accueillir ses émotions, les laisser vivre en nous, de façon saine, pour éviter qu’elles s’accumulent dans nos cellules, notre corps, devenant “mal à dire” (maladie). Que faisons-nous de nos émotions ? Sommes-nous dans le refoulement de nos larmes, de notre colère, de notre joie ? Nous avons du mal à croire que nous pouvons refouler la joie et pourtant, nous le faisons chaque fois que nous pensons : c’est déplacé, untel vit un drame en ce moment, ou d’autres ont moins de chance que moi... Là aussi, bien souvent, la négation des émotions trouve son origine dans l’enfance. Prendre conscience de nos autoabus offre une merveilleuse opportunité de guérison. Car, au final, se choisir revient à se guérir par une action nouvelle, une pensée nouvelle, une émotion que l’on laisse vivre. Se choisir, c’est sortir de l’autoabus et accéder à l’espace infini de joie et de guérison en soi.


Suivre la joie en soi est la clé pour vivre en se sabotant le moins possible.


L’exercice du miroir Voici un merveilleux exercice pour enrayer les abus et les discours intérieurs malveillants. Il nous aide à adopter des habitudes saines pour retrouver de l’amour et de la bienveillance pour soi. Devant un miroir, on se regarde droit dans les yeux, avec douceur, et l’on commence à se complimenter. Complimentons- nous sur ce qui nous vient en premier, par exemple : J’ai des yeux magnifiques, j’adore leur couleur verte, ou encore, j’ai un regard pétillant et vif, je le trouve beau ; mes cheveux sont sains et cette coupe me met en valeur ; “je m’aime car je suis drôle ; je suis doux, attentionné, cela me plaît ; je suis intelligente... Les compliments peuvent aussi bien porter sur l’aspect physique qu’intellectuel ou spirituel. À force de le pratiquer, nous remontons notre estime de nous-même, apprenons à voir le beau en nous et diminuons nos autocritiques et autoabus.





Se récompenser L’abus trouve son origine dans les racines profondes de l’éducation et de l’enfance. Conscientiser nos abus, c’est s’offrir la possibilité de réparation et de guérison. À chaque étape de franchie, récompensons-nous : un livre, une manucure, un bon restaurant, un massage, du linge... La liste est non exhaustive, du moment que le cadeau que vous vous faites en soit un vrai.

C’est-à-dire que nous nous offrons ce qui nous fait réellement plaisir, pas que nous optons pour la chemise la moins chère histoire d’acheter quelque chose !



Se choisir revient à s’aimer pleinement. Ainsi, nous pouvons recevoir totalement l’amour des autres.






Vous souhaitez en savoir plus ?

Dossier à retrouver dans votre magazine Tahiti Wellness #03 - juin 2022


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