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Tata'i

Stop à l'obsolescence programmée

© Texte : Valentine Livine - Photos : Doris D., Mooz Réparette, Valentine Livine


TāTā'i signifie “réparer, raccommoder, rapiécer”. sous ce nom accrocheur se cachent les répar’acteurs du fenua, des bénévoles ayant l’objectif de combattre pacifiquement l’obsolescence programmée, la course à la consommation et de tendre à la décroissance.


Tata’i qui ? Tata’i quoi ?

Tata’i est un collectif, dernier né de l’association Tia’i Fenua que vous connaissez peut-être plus à travers Nana Sac Plastique par exemple. L’association, présidée par Moea Pereyre, est très active, notamment auprès des scolaires via des ateliers de sensibilisation et de responsabilisation. Enseignante et formatrice, Moea utilise les outils qu’elle connaît pour amorcer le changement nécessaire dans les mentalités et les moeurs : l’éducation et la communication.

Le problème des ordures est planétaire.

Le monde croule sous les déchets, à tel point qu’un continent de plastique dérive sur l’océan. Heureusement, ensemble, nous pouvons adopter des gestes simples pour y remédier. Le premier est de bannir les sacs plastique. Le second geste est de limiter nos déchets. C’est pour cela que Tata’i a été créé.


Tata’i, revaloriser et réparer

“Le meilleur déchet, c’est celui que l’on ne produit pas”. Une maxime limpide qui pourrait être la devise de Tata’i, si elle n’était pas déjà prise ! Le but du collectif est véritablement de limiter le nombre de déchets en proposant des ateliers de réparations gratuits. La gratuité est essentielle pour le collectif : tous les acteurs y sont bénévoles, y compris les réparateurs professionnels présents lors des ateliers.


Conseils, astuces, réparation, revalorisation…

lors de ces journées, un samedi par mois, tout le monde participe, y compris la personne amenant son objet défectueux. Tata’i vise l’autonomie de chacun. En amenant un objet, nous apprenons à le réparer et, surtout, à l’entretenir. Car une bonne partie des pannes provient d’un défaut d’entretien, souvent la conséquence d’un manque d’informations et de connaissances.


Tata’i souhaite inviter la population à prendre l’habitude de réduire, réutiliser, réparer, rendre à la terre (compostage). Pour le collectif, recycler est une sorte de “green washing” car bien souvent, une seule partie de l’objet est véritablement traitée et réinvestie. Ledit objet reste donc un déchet.

Le “green washing” (éco blanchiment) c’est lorsque qu’une entreprise oriente ses actions marketing et sa communication vers un positionnement écologique alors que dans les faits, elle reste polluante et génératrice de déchets. Par exemple : des biscuits estampillés “bio”, compartimentés dans un emballage en carton, mais séparés dans des sachets en plastique. Ou encore des produits ménagers vendus comme éco-responsables, mais dans des bidons en plastique non recyclables. Les exemples s’empilent, une fois qu’on y prête attention.

Tata’i encourage l’achat d’occasion, le prêt, les échanges, la réparation ou l’achat qualitatif avec des produits de bonne faction et un SAV long, efficace.


© Photo : Valentine Livine

Moea Pereyre, présidente de l’association Tia’i Fenua


Convivialité & apprentissages

Les ateliers sont un concentré de bonne humeur, de volontariat, d’échanges. Tous les professionnels participent bénévolement et nous conseillent, nous guident dans la réparation, si elle est possible. Tous les troisièmes samedis du mois, une journée est dédiée à la réparation. Le thème retenu est souvent choisi en fonction de la demande. Une inscription préalable est nécessaire pour ne pas engorger les ateliers et respecter les mesures sanitaires. Il existe même une liste d’attente par thématique tant le succès est grand ! Nous repartons enrichit de connaissances, de bonne humeur, de nouveaux contacts et avec notre appareil dans le meilleur des cas.


Tata’i en pratique

Dès l’arrivée à l’atelier, les appareils sont pesés et classés en deux catégories : réparables, non réparables. Les objets non réparables vont être démontés pour récupérer un maximum de pièces. Elles seront échangées, utilisées sur d’autres appareils ou iront enrichir un stock nécessaire et apprécié. Les appareils réparables le sont immédiatement si cela est possible, ou plus tard si une pièce doit être commandée.


La pièce, souvent un petit élément paraissant anodin, est centrale et constitue la grande majorité des départs à la poubelle des objets. Soit elle est très chère et décourage le propriétaire, soit elle est inexistante. D’où l’intérêt d’un stock conséquent ! Mais qui dit stock dit espace de stockage. Et c’est bien ce qui fait défaut au collectif Tata’i pour le moment.


Le collectif cherche des bénévoles, autant professionnels qu’amateurs passionnés et compétents, pour enrichir les ateliers et, pourquoi pas, prêter un local de stockage.


“Le meilleur déchet, c’est celui que l’on ne produit pas”.

Susciter des vocations

Tata’i sensibilise et donne l’impulsion à de nombreux quidams pour passer à l’action. Souvent, nous avons juste besoin d’un coup de pouce pour nous lancer. Tata’i est ce coup de pouce. La niche professionnelle de l’environnement est vaste, avec un énorme potentiel. Tout peut se faire et des métiers peuvent émerger qu’il s’agisse de couture, de détournement d’objets, de réparations… C’est le cas d’Idéalys, qui propose de nombreux objets lavables et réutilisables en tissu, de Concrètement Design, qui revalorise des objets en les détournant et leur offrant un second usage, ou encore de Mooz Réparette, atelier de réparation sur Moorea. La demande est grande de la part des usagers, car nous sommes nombreux à vouloir apporter notre pierre à l’édifice en orientant nos modes de vie vers de l’éco-citoyenneté et de l’éco-responsabilité. Tata’i nous attend pour agir au sein d’une communauté engagée, libre et joyeuse. Et si l’action n’est pas votre truc, vous pouvez soutenir le mouvement grâce à une boîte à dons, à disposition.


Photos © Doris D. Photographe - Tahiti Atelier du 17 avril 2021 portant sur les appareils électriques et électroniques. La Brasserie Hoa accueille certains ateliers du collectif. Bénévoles et professionnels, chacun met la main à la pâte. Pas plus de 6 personnes avec leur matériel à réparer, pour respecter les mesures sanitaires.

Bilan de l’atelier de mai

Lors de l’atelier du mois de mai, il y avait 61,5 kg d'appareils à réparer.


Au total :

  • 52 kg d'appareils ont été réparés, soit 84 % des appareils

  • 7,5 kg nécessitent un remplacement de pièces

  • 2 kg de déchets électroniques, électriques ou plastiques seront remis au Syndicat Fenua Ma afin d'être conditionnés et exportés pour recyclage

  • 2 nouveaux réparateurs ont rejoint les rangs des Répar’acteurs


REJOINDRE TATA’I

Pour rejoindre l’équipe : tataitahiti.info@gmail.com

Pour vous inscrire aux ateliers : https://forms.gle/XhoCBposFBsEx3xb6






Vous souhaitez en savoir plus ?

Dossier à retrouver dans votre magazine InstanTane#12

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