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La Polynésie, Paradis du bien-être

On le sait aujourd’hui, le mal-être et la maladie qui en est l’expression ultime reposent bien davantage sur notre environnement et sur notre manière de nous relier au monde que sur nos seuls gènes, comme nous l’avons longtemps cru. L’épigénétique, qui étudie les mécanismes régissant l’expression de nos gènes sans modifier pour autant notre ADN, a mis en évidence cette réalité : notre santé dépend en grande partie de la bonne gestion de nos émotions, de la qualité de nos liens avec tout ce qui nous entoure, du caractère sain de tout ce que nous respirons et ingérons, et de notre capacité à nous préserver des toxiques (au premier rang desquels le stress). Alors si notre santé et le bien-être qui la sous-tend dépendent à ce point de tous ces aspects, on peut dire que la Polynésie, terre de mana, baignée d’eau, à la luxuriance de jardin d’Éden, au cadre encore si préservé, est un véritable écrin pour prendre soin de soi. Dans ce premier numéro de Tahiti Wellness, nous avons donc logiquement eu envie de vous proposer un petit tour d’horizon (non exhaustif) de quelques-uns des plus précieux atouts qu’elle nous offre généreusement pour y parvenir.



L’EAU Cette bénédiction

La Polynésie française est d’abord un continent aquatique, un chapelet de 118 îles et atolls paradisiaques répartis sur une surface aussi grande que l’Europe recouverte à plus de 80 % par l’océan et les lagons. Cette eau omniprésente constitue une source de bienfaits aussi infinie qu’inestimable pour notre santé comme pour notre beauté et notre bien-être, qu’elle soit douce ou salée. Si elle n’est bien sûr pas la seule ressource de notre Fenua pour soutenir notre équilibre et nous permettre d’accéder à la détente, elle en est forcément la plus évidente, la plus facile d’accès et la plus profitable peut-être.


Parsemée de-ci de-là de bungalows sur pilotis,

bordée de plages de sable blanc, noir et même

rose, cernée de barrières de corail, cette eau déclinant une palette incroyable de couleurs, le plus souvent translucide et limpide, largement préservée des pollutions et énergétisée par de continuels flux et reflux - ces swells chers aux surfeurs que rien ne vient arrêter sur des milliers de kilomètres - inonde d’abord littéralement nos yeux et notre cerveau de beauté. L’aspect visuel n’est ainsi pas le moindre de ses atouts même s’il se limite à sa seule apparence.


Comme le rappelait Stéphane Lambert, fondateur

du Waterman Tahiti Tour et coach sportif

spécialisé dans le milieu aquatique il y a quelques

années : « Le simple fait de voir quelque chose

de beau déclenche la production d’endorphines,

ces opiacés naturels produits par le cerveau afin


de soulager le stress en accroissant le plaisir. » La beauté éclatante des paysages dessinés par l’eau en Polynésie contribue donc d’emblée à induire un état de relaxation profond, profitable autant à notre mental qu’au reste de notre organisme. Aucune raison donc de renoncer à sa contemplation à profusion, y compris en y ajoutant celle de sa faune et de sa flore. Mais évidemment, les choses ne s’arrêtent pas là. Véritables spas grandeur nature implantés en milieu naturel, les lagons et les océans nous procurent dès l’immersion toutes sortes d’autres bienfaits, notamment en plaçant instantanément le corps en apesanteur. Soulagé des pressions exercées sur sa structure par la gravité, le corps y bénéficie d’une légèreté particulièrement bienfaisante pour ses articulations. « Quand le corps et la structure musculaire flottent, on se sent légers, et ça déclenche des sécrétions hormonales, qui facilitent le lâcher-prise intellectuel et donc l’harmonie », rappelait encore le Waterman.


RETROUVAILLES AVEC LES ORIGINES DE LA VIE

Plongé dans cette eau en outre chargée de toutes sortes d’éléments et sels minéraux, le corps s’y rend aussi « poreux » à leurs effets, qui agissent en premier lieu sur la peau et ses qualités esthétiques. Rafraîchissant sous ce climat souvent très chaud, aussi énergisant qu’apaisant selon les énergies qui le traversent via ses incessants mouvements, ce milieu infiniment vivant est aussi le cadre idéal pour pratiquer de nombreuses activités sportives, en veillant à les accorder avec vos aspirations et votre condition physique, tout en respectant bien sûr un certain nombre de précautions d’usage. Ces activités sont légion, des plus physiques et exigeantes aux plus cool et soft : vous trouverez forcément celle(s) qui vous convient (conviennent) au Fenua, que vous soyez adepte de glisse extrême, accro à l’adrénaline ou seulement assoiffé de farniente. Certaines restent très accessibles, sans nécessiter d’équipements ou d’encadrements particuliers (on pense d’emblée à la simple baignade et à la natation), même s’il est facile de passer très vite à la vitesse supérieure en fonction de vos aspirations à tester stand-up paddle, boogie, surf, va’a (la pirogue locale), kayak, kitesurf et désormais foil ou encore wing foil, ces disciplines toutes récentes qui révolutionnent le ride mondial. En Polynésie, vous trouverez donc, en un mot, tout ce qui se fait en matière d’activités sportives au-dessus, en dessous et à la surface de l’eau pour vous amuser, découvrir de nouvelles sensations euphorisantes, vous défouler, vous éclater… et cultiver le lâcher-prise.


PLAISIRS D’EAU DOUCE

Enfin s’il a surtout été question de l’eau salée des océans et des lagons dans ce petit développement, il ne faut pas pour autant en oublier l’eau douce, s’écoulant en immenses cascades sur de nombreuses îles hautes, façonnant rivières et vasques dans les vallées, irriguant de sources vives un arrière-pays infiniment sauvage, nimbé d’air pur et préservé, déployé dans des panoramas à la beauté différemment étourdissante.


Les bains d’eau douce font également partie des pratiques ancestrales traditionnelles des Polynésiens, pour qui ils ont toujours revêtu une grande importance. Moments privilégiés de détente, de bien-être et de partage, ils constituaient aussi fréquemment une forme de rituel de purification témoignant d’un rapport très particulier avec cet élément, base de la vie, infiniment précieux sous tant d’aspects dans nos îles. Aujourd’hui encore, ils permettent une formidable reconnexion, à soi comme à son environnement, pour peu que l’on ait envie d’accueillir tous les plaisirs et bénéfices qu’ils sont susceptibles de nous délivrer… si nous allons les chercher.



UNE TERRE PUISSANTE Berceau du mana

Vous l’aurez compris en lisant cette première partie consacrée aux bienfaits de l’eau : à travers les actions de cette dernière sur la psyché humaine – d’aucuns diraient notre âme – ceux-ci revêtent aussi une dimension plus profonde, confinant au sacré, que l’on ne peut qualifier que de spirituelle. En tout cas, les anciens Polynésiens le vivaient profondément ainsi, et une grande partie de leurs descendants s’inscrivent encore dans ce ressenti. Car la Polynésie est avant tout une terre de mana, cette véritable « énergie de guérison » qui se trouve littéralement au coeur de l’identité polynésienne.


Une énergie englobante et globale à l’origine même du bien-être insufflé par la Polynésie.


Pour Céline Hervé-Bazin, docteur en sciences de l’information et de la communication à qui l’ont doit « L’oracle du mana : Les secrets de la sagesse polynésienne », un jeu de 54 cartes sorti récemment pour s’y relier d’une manière ludique, cette notion repose en réalité sur cinq piliers intimement intriqués.


Le premier dépend de la connexion à la nature, à la terre, au fenua, dont l’océan serait la continuité dans une sorte de continuum liquide. Pour se laisser appréhender, il réclame une grande sensibilité à toutes ses composantes. Respect du vivant, gratitude pour tous les produits dont l’environnement nous comble, afin de répondre à nos besoins, sont au centre de sa perception, avec en arrière-plan toujours l’idée d’équilibre.


Le second pilier repose sur l’alimentation, le fait de se nourrir, et ce, dans toutes les acceptions que cette notion peut revêtir ; ce qui intègre là encore une dimension spirituelle. Le troisième pilier est le corps humain, qu’il s’agit de mettre en mouvement, de manière ritualisée mais pas seulement, afin d’en libérer la force, l’énergie puissante qui le meut et en est constitutive. Vient ensuite le quatrième pilier, la connaissance, englobant tout ce qui nourrit l’esprit. Elle est largement adossée à la maîtrise de la langue, chargée de la vibration des mots, de la parole. « En parlant et en apprenant, on gagnait du mana dans la conception des tupuna (les ancêtres) », rappelait la chercheuse après avoir rendu public ses travaux il y a quelques années. Le dernier pilier étant le tahu’a, l’expert, le guérisseur, véritable interface entre les mondes, qui incarne aussi et surtout la connexion à la mémoire, à l’ancien, permettant de mettre à profit tout ce qui a été appris dans le passé afin de pouvoir en faire un usage dans le présent à travers la transmission.


Vivre en conformité avec le mana pour en accueillir tous les bienfaits et la puissance implique donc d’harmoniser, au sein de son existence, tous ces piliers rassemblés dans une quête continuelle d’équilibre.

On l’oublie trop souvent, mais les îles hautes de Polynésie ne sont pas faites que de rivages aux plages de sable farineux. Les coeurs d’îles sont composées de montagnes aux découpages irréels, de vallées profondes, de cascades et de forêts. Elles dominent 90% de la surface des îles.


UN CHEMIN QUI DÉBUTE À L’INTÉRIEUR

Ces notions peuvent paraître difficiles à appréhender pour qui n’en est pas familier et compliquées à mettre en oeuvre sans en avoir été enseigné, mais en dehors des rites, préparations et

formes symboliques complexes que cette énergie

peut parfois revêtir, on en dégagera et retiendra

surtout un sentiment d’appartenance de l’être humain à la nature, de reliance profonde à tous ses

éléments, de respect de la vie et du vivant sur tous

les plans, de capacité à ressentir les flux d’énergie

soutenant toutes les formes de création de la

manière la plus simple, authentique et organique

qui soit. L’énergie est là, à chacun de trouver aujourd’hui sa voie d’accès la plus sincère pour s’y

rattacher.


UNE PRATIQUE MILLÉNAIRE

Ce modelage profond et relaxant, prodigué aux enfants dès la naissance afin de leur faire prendre conscience de leur corps tout en soulageant les traumatismes de l’accouchement, était également voué autrefois à apporter aux populations locales protection et puissance. Doté d’une incontestable dimension holistique visant jusqu’à l’aspect esthétique, il est réputé commencer toujours par les cheveux et la tête pour passer successivement par les bras, les jambes et le ventre avant de se terminer par les pieds. L’objectif étant de débarrasser notre « véhicule terrestre » des mauvaises ondes qui peuvent perturber sa connexion à l’esprit et de réactiver son énergie. Ce massage aussi énergisant que relaxant alterne une pratique profonde de l’acupression destinée, on l’a dit, à apaiser les tensions, avec des « effleurages beaucoup plus doux » voués à permettre un lâcher prise total, encore renforcé par l’usage du monoï, parfait pour stimuler et nourrir les sens en parfumant le corps.


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Le massage traditionnel polynésien,

instrument du mana

Depuis toujours, les Polynésiens prennent

grand soin de leur corps, non seulement

dans la dimension esthétique mais bien

sûr aussi dans celle de la santé. Une santé

adossée à une alimentation saine, à une

bonne circulation du mana, reposant sur

tous les piliers évoqués plus haut et donc

notamment sur le mouvement. Reste que

l’activité physique n’est pas le seul facteur

à pouvoir assurer ce dernier.


Les massages traditionnels (taurumi) ont

toujours revêtu beaucoup d’importance

sur ce plan, en participant à la libération

de l’énergie du corps grâce à l’évacuation

des tensions. Il fallait masser pour faire

sortir les douleurs. Largement pratiqués

en outre avec du monoï (voir partie

dédiée) dans lequel toutes sortes de

plantes médicinales pouvaient être mises

à macérer et qui était le premier rā’au,

le premier support de la pharmacopée

polynésienne, ces massages toujours

pratiqués de nos jours tiennent autant de

la philosophie de vie que de la médecine

traditionnelle, visant autant de bénéfices

sur le corps que sur l’esprit en reliant au

passage le coeur et l’âme.



UNE ALIMENTATION GORGÉE DE BIENFAITS

Celui qui a patiemment fait de la Polynésie, au fil des siècles et des migrations, un véritable éden, riche de toutes les variétés de fruits et de légumes dont l’homme puisse avoir besoin pour y mener une vie robuste et épanouie, avait sans aucun doute entendu parler du médecin grec Hippocrate, premier porte-parole d’une alimentation saine, à qui l’on impute cette citation disant « Que ton aliment soit ton premier médicament ».


Même si la modernité en a détourné beaucoup de ces bienfaits aussi précieux que naturels et accessibles, les préoccupations d’ordre diététique font un retour en force dans nos modes de vie, mis à mal par de nombreuses mauvaises habitudes. Maeva Shelton, qui incarne véritablement cette force adossée à une hygiène de vie reposant sur l’alimentation traditionnelle polynésienne, nous présente quelques-uns de ses meilleurs atouts.


L’huile de coco

Depuis quelques années, elle est devenue la star incontournable des rayonnages des magasins bio. Au point d’être parfois qualifiée « d’or blanc ». D’autant que la Polynésie produit vraiment le nec plus ultra de ce qui se fait en la matière grâce à des huiles artisanales d’une qualité incontestable, telles

que celle de l’atoll de Niau ou encore celle de Tikehau. Riche de qualités exceptionnelles,

cette huile peut s’appliquer sur la peau et les cheveux, dont les protéines présentent des affinités certaines avec ses acides gras saturés. Mais elle peut surtout être utilisée avec beaucoup de bénéfices dans l’alimentation, comme dans le sud de l’Inde où les habitants ne cuisinent qu’avec elle.

Son procédé d’obtention, coûteux , débute à partir de la pulpe et du lait de coco, qui sont ensuite pressés à froid, centrifugés et restent non raffinés (ce qui contribue à en faire une huile très « sensible »). Produite le plus naturellement qui soit, l’huile de coco vierge, idéalement bio et de première pression à froid, est unique et sans effet nocif sur le cholestérol. Sa haute teneur en

acide laurique (48 %) se transforme, une fois dans le corps, en monolaurine, une substance reconnue pour ses propriétés antimicrobiennes, antibactériennes, antivirales et antifongiques.


Dans son livre Ma santé avant tout, Maeva Shelton précise encore que « l’huile de coco est un immunorégulateur, un régulateur de nos défenses et un régulateur de nos fonctions […]. La propriété la plus remarquable de l’huile de coco vierge est que, bien qu’étant un aliment, c’est aussi un antibiotique, un catalyseur du métabolisme et un médicament qui régularise les fonctions et les mécanismes de défense de l’organisme (Dr. Bruce Five - Cures de noix de coco) ».


Idéale pour booster son système immunitaire, surtout quand elle est consommée crue, l’huile de coco est également très riche en fer, potassium, zinc, phosphore, magnésium, vitamines A et E.

Huile saturée dont les qualités viennent largement compenser les inconvénients des autres huiles saturées, elle était autrefois utilisée seule en purgatif et demeure conseillée aux femmes enceintes et allaitant pour protéger leurs enfants des infections. Elle est aussi bénéfique pour les personnes souffrant de divers troubles digestifs, brûlures d’estomac ou ulcères. Elle participe à la stabilisation du taux de glycémie en atténuant la sensation de faim. Enfin, celle qui est la plus stable des huiles végétales, ce qui lui autorise des cuissons sans trop de dommages, affiche 10 % de calories en moins que les autres huiles, « ses acides gras particuliers entraînant moins de stockage des graisses ». Appréciée pour sa saveur douce, fruitée et sucrée lui permettant d’accommoder de nombreux plats, elle ne doit surtout pas être confondue avec l’huile de coprah, dont on tire le monoï (voir encadré). Car si cette huile de coprah est, elle aussi, élaborée à partir de la chair de noix de coco, elle est extraite à chaud. Parfois également utilisée, après raffinage, par l’industrie alimentaire (pâtisserie, confiserie, fritures), cette « cousine » très riche en acides gras saturés, qui la rendent solide à température ambiante, est surtout très souvent, dans ce contexte, hydrogénée ou partiellement hydrogénée ; une hydrogénation néfaste sur le cholestérol sanguin. Aucune comparaison ne saurait être possible donc entre ces deux huiles sur le plan alimentaire.


Les archipels polynésiens regorgent de mollusques, poissons de lagon ou du large, crustacés de platier et de récif, fruits, légumes et tubercules, dont une part toujours plus importante de produits bios, miels, fermes permacoles, piscicoles, aquacoles ... Autant d'atouts pour se nourrir sainement, via des circuits courts (à l'échelle des distances qui séparent les 118 îles de Polynésie). Depuis quelques années, la gastronomie polynésienne a pris son envol, avec des chefs de talent qui magnifient l'utilisation des produits locaux. Si le poisson cru au lait de coco (photo de gauche) reste la star incontournable du premier ma'a (repas) dans les îles, la richesse des mets, leur diversité et leur fraîcheur sont des atouts pour votre santé.


Des fruits et des légumes aux inestimables qualités

La patate douce (dont il existe de nombreuses variétés) n’est pas si sucrée que son nom pourrait le laisser penser. Elle présente même un index glycémique moindre que la pomme de terre mais regorge, en revanche, de flavonoïdes, ces précieux antioxydants dont ses couleurs chatoyantes sont les meilleurs révélateurs. Très nourrissante, elles offre une belle teneur en vitamine A. Tout comme ses

feuilles, qui peuvent être consommées crues

ou cuites et contiennent également beaucoup

de vitamine C.


La banane, qu’elle soit de table, c’est-à-dire à manger crue à maturité, ou bien à cuire comme la banane sauvage ou fē’i, est un aliment de base important pour les populations du Pacifique. Riche en glucides qui lui confèrent 90 % de ses capacités énergétiques, elle booste instantanément l’énergie grâce au sucre et aux

féculents qu’elle contient. Extrêmement riche en potassium, elle est aussi une excellente source d’autres éléments minéraux comme le fer, le phosphore et le magnésium ainsi qu’une bonne source de vitamines A et B6. Outre un effet antiacide naturel dans le corps, on lui reconnait notamment une action bénéfique sur l’humeur et le sommeil.


L’avocat, introduit en Polynésie au début du XXe siècle par Harrison Smith, est tellement crémeux qu’il était tartiné à l’époque sur du pain. C’est surtout l’un des végétaux les plus riches en vitamine E qui soient, s’opposant ainsi à l’oxydation du cholestérol. Il est également très riche en fibres et en potassium, mais contient aussi du carotène en quantité non négligeable et des lipides gras mono-instaurés qui sont des protecteurs cardiaques.



Le taro est un tubercule, très consommé à Hawaï également, qui aurait été apporté par les Polynésiens du Sud-Est asiatique lors de leurs migrations. Considéré comme un vrai trésor alimentaire, c’était autrefois le premier aliment donné aux bébés lorsque leurs mères n’avaient pas de lait. Très riche en fibres facilitant le transit intestinal, il est aussi une bonne source de fer et de calcium. Ses feuilles, qui constituent également, cuites, un aliment de choix sous l’appellation de fafa, fournissent quant à elles en grande quantité des vitamines A, B1, B2 et C. Accompagnées d’un aliment gras comme le lait de coco (comme dans un savoureux poulet fafa), le corps assimilera encore mieux cette vitamine A.


Le potiron, ou mautini, est un aliment protecteur dont la plupart des parties, y compris les fleurs et les graines, sont comestibles et riches en éléments nutritifs. Toutes contiennent de nombreuses vitamines, notamment A et C, ainsi que des protéines, du calcium et du fer. Cuit, le potiron réduit en purée est un aliment excellent pour les bébés. Consommé salé ou sucré, il peut en outre entrer dans la préparation de nombreux plats variés.


Le ‘uru, fruit de l’arbre à pain, est un bon aliment de base, très nourrissant et qui présente l’avantage de pouvoir être facilement conservé et consommé toute l’année. Encore très apprécié des Polynésiens, qui le déclinent même en chips, c’est un aliment énergétique, riche en sucre et en amidon, mais également intéressant pour ses fibres. Ses graines sont bourrées de vitamine B1 et – ce que les gens savent moins – ses très jeunes feuilles sont également comestibles et riches en vitamine C, mais aussi en fer et en calcium.


Le citron, dont on trouve en Polynésie de nombreuses variétés, entre dans la composition de délicieuses et rafraîchissantes citronnades, mais aussi de plats divers, à commencer par le fameux poisson cru au lait de coco dont il évite l’oxydation des ingrédients. Acide, certes, il est néanmoins l’un des fruits les moins acidifiants pour l’organisme, son pH étant aussi le plus faible de celui de tous les fruits tandis que son action contribue à diminuer le taux de sucre dans le sang. Ce qui en fait l’allié des diabétiques, mais aussi de tous ceux qui cherchent à ralentir le vieillissement.



La papaye, appelée le « fruit des anges » aux Antilles, mérite bien ce surnom en tant que l’un des aliments naturels les plus sains et savoureux que l’on puisse trouver dans les pays tropicaux. Consommée verte ou mûre, elle regorge de vitamines A et C (bien plus que les pommes, par exemple) dont la proportion augmente au fur et à mesure de la maturation du fruit. Ses graines, réduites en poudre, sont parfois baptisées « poivre de papaye » et utilisées pour assaisonner les salades. Elles présentent aussi des propriétés très intéressantes contre les vers intestinaux.


Le mangoustan est certes moins connu et moins répandu. Mais c’est peut-être pour ces raisons qu’il fait partie des « super fruits à la mode » en ce moment. En tout cas, sa consommation présente le plus grand intérêt grâce à ses propriétés, liées à sa teneur en xanthones, antivirales, antifongiques, antibactériennes et antiparasitaires. Excellent pour booster le système immunitaire, il est apprécié et utilisé depuis des siècles en Asie, d’où il est originaire, pour ses « propriétés thérapeutiques remarquables ». On termine avec un végétal qui n’est ni un fruit, ni un légume, mais qui n’en possède pas moins des vertus très intéressantes.


Le curcuma, très apprécié et consommé en Polynésie (où il est baptisé re’a Tahiti et entre notamment dans la composition de boissons énergisantes), est un rhizome de la même famille que le gingembre, mais qui s’en distingue par sa couleur orange vif. Réputé pour ses multiples vertus santé, il se consomme frais ou moulu et permet la réalisation de nombreuses recettes. Grâce à ses vertus anti-inflammatoires naturelles, il aiderait à restaurer la mobilité des articulations tout en réduisant les douleurs articulaires et les douleurs postopératoires. On le trouve à profusion sur les étals de tous les marchés de la place.


 






Retrouvez le portrait de notre interlocutrice, Maeva Shelton, auteure de livres de recettes plein de saveurs et de bon sens, sur le site

tahitimagazines.com





 



Nous nous sommes concentrés dans cette partie dédiée à l’alimentation sur les produits végétaux

pour leurs teneurs si précieuses en vitamines, mais

la Polynésie regorge d’autres ressources alimentaires naturelles tout aussi profitables pour l’organisme, à commencer par une grande variété de poissons et de fruits de mer savoureux. Parmi ceux-ci, nous retiendrons les chevrettes (sorte de crevettes d’eau douce locales), les bénitiers, pahua chargés en iode, les oursins, vana riches en zinc, cet élément primordial pour notre immunité naturelle, les cigales de mer, tiane’e, la délicieuse squille, varo, les petites palourdes, etc. De quoi largement diversifier ses menus et s’assurer une alimentation saine en veillant néanmoins à s’assurer de la fraîcheur et de la provenance des produits.




MONO’Ï & HUILE DE TAMANU Cadeaux des dieux

L’origine de ces deux huiles se perd dans la nuit des temps, presque aussi lointaine que la source des traditions orales des Polynésiens. Si ceux-ci ont toujours su retirer de la nature et de la végétation tous les éléments servant à les vêtir et à bâtir leurs habitations, ils en ont aussi extrait de longue date des produits destinés aux soins du corps, aussi bien dans la dimension esthétique de celui-ci, à laquelle les tupuna (les ancêtres) accordaient une grande importance, que pour des soins plus thérapeutiques. Nombre de leurs découvertes se trouvaient ainsi à la croisée des chemins entre pharmacopée et cosmétopée, remèdes (rā’au) et soins cosmétiques. Parmi les plus précieux d’entre eux, préservés jusqu’à nos jours et encore largement utilisés au quotidien, le monoï, connu dans le monde entier, et l’huile de tamanu.



LE MONO’Ï, SOURCE ANCESTRALE DE BEAUTÉ ET DE SOIN

Huile sacrée des Polynésiens issue de traditions millénaires, on trouve encore aujourd’hui du monoï produit de manière traditionnelle par les artisans de la place. Les étapes de la fabrication ne sont pas toujours rigoureusement les mêmes, mais la plupart du temps, il s’agit de râper de la chair de coco, de faire sécher cette pulpe au soleil, puis de la presser avant de la mettre à décanter afin de libérer la phase huileuse dans laquelle des fleurs seront ensuite mises à macérer. Reste que depuis avril 1992, le monoï commercialisé le plus largement en Polynésie répond pour sa part, quant à ses ingrédients et à son processus de fabrication, strictement aux normes définies par le décret 92-340 qui lui a attribué son Appellation d’Origine. Ce décret stipule ainsi que « l’appellation d’origine «Monoï de Tahiti» est réservée au produit fabriqué en Polynésie française conformément aux usages locaux, par macération de fleurs de Gardenia tahitensis, d’origine polynésienne, ci-après dénommée tiare, dans de l’huile de coprah raffinée.


Les fleurs de tiare et les noix de coco utilisées pour la fabrication du produit doivent être exclusivement récoltées dans l’aire géographique définie par ce même décret ». Si la fleur de tiare, si odoriférante et emblématique de nos îles, est la plus souvent utilisée, d’autres espèces végétales peuvent néanmoins l’être aussi.



Les noix de coco destinées à la production de

l’huile de coprah doivent exclusivement provenir

du cocotier Cocos nucifera dont les zones de

récoltes doivent être situées sur des sols d’origine

corallienne. Les noix de coco destinées à la fabrication du monoï sont récoltées au stade

dit de «noix mûre». Ce décret fixant les conditions

d’obtention et de raffinage de l’huile, garantes de la qualité de ce précieux composant, précise encore qu’après récolte « les noix mûres sont fendues et les amandes en sont extraites dans un délai de 48 heures conformément aux usages locaux. Après cela, celles-ci sont mises à sécher au soleil pendant au moins une semaine jusqu’à l’obtention d’une humidité inférieure ou égale à 10 % avant l’ensachage.




Les amandes sont ensuite broyées en fines particules. L’huile brute est extraite par une unique pression à chaud à une température ne dépassant pas 125 °C ».


Le monoï de Tahiti en tant que tel est par ailleurs obtenu par macération d’au moins dix fleurs de tiare par litre d’huile raffinée (la quantité peut atteindre 50 fleurs fraîches renouvelées chaque jour pour le monoï des mamas), pendant au moins dix jours. On y adjoint par la suite un conservateur destiné à éviter à l’huile de rancir : il s’agit le plus souvent de vitamine E naturelle. Dans de nombreuses recettes de monoï traditionnel, c’est l’abdomen du bernard-l’ermite (ou pagure) qui était utilisé (et l’est encore parfois) pour accélérer la fermentation de la noix de coco afin d’obtenir une huile parfaitement liquide et libérer le parfum des fleurs. Ce monoï peut être utilisé pur, pour les massages, ou dans les soins du corps et des cheveux. Mais il entre également désormais dans la composition de nombreux autres produits cosmétiques, crèmes diverses, parfums, savons, shampooings, masques, protection solaire ou répulsifs anti-moustiques. Il est toutefois recommandé de prêter attention à la composition de ces produits, souvent moins naturels.


Bienfaits et usages

Contrairement à ce que beaucoup auraient tendance à penser, pour Philippe Maunier, ce n’est pas tant la qualité de l’huile qui fait celle du monoï mais bien la fleur de tiare, dont les analyses ont révélé des vertus étonnantes qui viennent rejoindre et confirmer, sur le plan scientifique, des indications traditionnelles. La fleur de tiare contient en effet du salicylate de méthyle, autrement dit… de l’aspirine, qui lui confère notamment des vertus anti-inflammatoires et antalgiques. Du fait de cette composition, le monoï agit, selon ce scientifique toujours, comme un régénérant cellulaire produisant un effet seconde peau. Il est donc particulièrement recommandé pour les soins de la peau, notamment les peaux lésées et abîmées par le soleil ainsi que pour ceux du cuir chevelu. En revanche, il est vivement recommandé d’éviter de s’en badigeonner copieusement, comme le font certains, avant de s’exposer au soleil sous peine de vivre plutôt un effet « grillade ». Ces précautions d’usage étant prises, le monoï reste « l’incontournable beauté » en Polynésie.


L'huile de Tamanu

Infiniment précieuse aussi, même si elle est davantage utilisée pour ses vertus thérapeutiques que pour ses qualités cosmétiques, l’huile vierge de tamanu, extraite idéalement par première pression à froid afin de préserver les principes actifs de la plante, est une huile dont on retrouve également la trace dans les anciennes traditions polynésiennes (évoquées notamment par Paul Pétard, dans son livre référence Plantes utiles de Polynésie - rā’au tahiti. Élaborée à partir des graines à coque d’un grand arbre pouvant atteindre 30 mètres, le calophylle ou Calophyllum inophyllum, essence sans doute introduite en provenance du Sud- Est asiatique par les migrations polynésiennes et dont on extrait l’amande, qui sera mise à sécher au soleil pendant près de 2 mois avant que l’on puisse l’extraire, cette huile est très chargée en résines et présente de nombreux bienfaits. Même si elle en rebute certains de par sa couleur foncée, sa relative opacité et son odeur assez prononcée, cette huile que l’on peut utiliser aussi bien chez les humains que chez les animaux, notamment les chiens, présente de grandes vertus pour régénérer les couches superficielles de la peau. Elle est particulièrement efficace pour soulager et traiter les brûlures non infectées. Son hydrolat, plus concentré en principes actifs au premier rang, desquels l’acide valérianique, annonce comme actions principales des effets calmants, antispasmodiques et microbicides. Il est particulièrement recommandé, tout comme l’huile, sur certains eczémas, les lésions acnéiques, des dermatoses et éruptions variées dues, par exemple, à l’herpès ou à des piqûres d’insectes ; certains l’utilisent même sur des zonas en légers massages. Ces deux produits du tamanu peuvent également être employés avec de nombreux bienfaits sur des articulations douloureuses.


L’ensoleillement, la terre, l’humidité, le sol corallien, produisent des choses extraordinaires en Polynésie. Philippe Maunier

NOTRE INTERLOCUTEUR : PHILIPPE MAUNIER,DOCTEUR EN PHARMACIE

Né à Toulon mais installé plus ou moins définitivement au Fenua depuis la fin des années 1970, Philippe Maunier est une véritable « mine d’or » pour tous ceux que passionnent les principes actifs des plantes polynésiennes. Une spécialité qu’il a faite sienne à la suite d’un parcours au parfum d’aventure durant lequel il aura noué des liens profonds avec la Polynésie, sa culture et son peuple. Participant à Mai 68, ancien maoïste convaincu, membre d’un groupe de rock et rugbyman fervent, Philippe Maunier aura toujours privilégié la passion et le sens pour construire son destin aux étapes plus classiques.


Engagé dans l’armée à 16 ans, il entame en son sein des études de pharmacie qui lui permettront à la fois de rencontrer son épouse polynésienne, Nirvana, sur les bancs de la fac à Lyon puis de devenir pharmacien-chef et chef du laboratoire de l’hôpital Jean Prince dès 1978. Diplômé ultérieurement en immunologie et docteur ès sciences pharmaceutiques, récompensé par de nombreux prix et distinctions, Philippe Maunier continuera régulièrement à accepter des missions à l’étranger (notamment dans le Golfe en 1990), rattaché au service de santé des Armées en tant que pharmacien militaire, tout en les « entrecoupant » d’affectations et donc de longs séjours en Polynésie où il sera ultérieurement le pharmacienchef de l’hôpital Mamao.


Après avoir quitté l’armée en 1991, il fait le choix de se former à Singapour en médecine chinoise et acupuncture avant de se voir proposer de travailler sur le monoï par une amie métropolitaine collaborant à l’élaboration des produits de grandes marques internationales de cosmétiques dans un laboratoire de Lyon. Épris de culture polynésienne et de recherches scientifiques, Philippe, dont l’épouse est aussi la petite-fille de Mama Vahinerii Ateahu, l’une des dernières grandes tahu’a (guérisseuse) de la presqu’île, qui soignait avec les plantes, se lance alors, notamment avec Tumata Robinson, dans la création d’une véritable filière de production de monoï, jusqu’alors restée très balbutiante. Il créera ainsi au fil des années la société Heiva, au logo rouge et jaune affichant les couleurs de la royauté polynésienne, mais aussi la Savonnerie de Tahiti puis plus récemment Le Comptoir des Plantes polynésiennes, qui travaille en lien avec un laboratoire métropolitain et Taivini Teai, docteur en chimie et directeur de recherche du laboratoire de l’université de la Polynésie française, à la fabrication des matières premières issues des plantes.


Pionnier de la filière monoï et de son développement via notamment l’organisation de salons locaux et à l’étranger, de la création du Groupement interprofessionnel du Monoï de Tahiti (remplacé en 2017 par l’Association Monoï de Tahiti), mais aussi de la Route du Monoï, Philippe Maunier et ses partenaires sont également parvenus à obtenir en 1992 une appellation d’origine « Monoï de Tahiti », qui a achevé de conférer toutes ses lettres de noblesse à ce produit en fondant également sa reconnaissance à l’international. En marge de ses très complètes gammes de produits cosmétiques à base de monoï et d’huile de tamanu notamment, Philippe Maunier est également à l’origine de la fabrication d’une soixantaine d’hydrolats, ces coproduits de la distillation d’huiles essentielles qui en contiennent les principes actifs à des concentrations moindres, élaborés exclusivement à partir de plantes locales. Des produits présentés dans le petit ouvrage Les hydrolats chémotypés et biologiques du Pacifique ou ethno-hydrolats polynésiens, écrit en collaboration avec Francine Baudry Ruffat, Taivini Teai et Daniel Dantin.



Source : Plantes utiles de Polynésie - rā’au tahiti,

par Paul Pétard, aux Éditions Haere Pō.




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Dossier à retrouver dans votre magazine Tahiti Wellness #01 - décembre 2021

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